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50 ans, le bon moment pour changer de vie.

14 décembre 2018

Quand on aborde le sujet du travail à partir de 50 ans, on se retrouve vite face à un monde bipolaire avec d’un côté celles qui ont encore un boulot, qui en bavent pour certaines et s’accrochent car super conscientes que le marché du travail n’adore pas les 50+. Et celles qui ont connu ou connaissent Pôle Emploi et qui ont assez vite compris que le salut allait être de devenir auto entrepreneur. Ce n’est pas du tout un nouveau Graal mais plutôt un réalisme contraint, de la flexibilité diront certains.

Certes, mais quand même …

Nous avons toutes autour de nous des copines super compétentes, super enthousiastes, qui avaient des super boulots et qui n’ont plus de job. Pourquoi ? Parce qu’à partir de 45 ans, les entreprises commencent à vous faire comprendre que vous « coûtez cher », entendez en comparaison de femmes plus jeunes. Et à partir de 50 ans, comme par hasard, les dossiers les plus intéressants vous échappent, les promotions se font plus rares, et les ruptures de contrat de travail sont de plus en plus fréquentes. En France, car dans les pays anglo-saxons le marché du travail fonctionne très différemment et l’expérience est au contraire valorisée. Probablement aussi, car les femmes y sont moins vues sous l’angle de la séduction et de leur potentiel en la matière et davantage sous celui de leur expertise et de leur expérience.

Alors, 50 ans, c’est foutu ?

Non bien au contraire, c’est le bon moment pour se demander « de quoi ai-je vraiment envie ? »

Question super angoissante s’il en est. Et là, je vous rassure, nous sommes toutes à égalité devant le vertige qui, en premier, s’installe quand on commence à se poser la question. La sensation de se retrouver en bas de l’Himalaya en tongs en plein mois de janvier, en se demandant “comment vais-je grimper au sommet de cette montagne” ? Avec, en plus, dans la tête toutes ses peurs qui ressortent, tous ses doutes et questionnements, une confiance en soi attaquée par la mise à l’écart souvent brutale ou insidieuse du marché du travail.

Alors, osons dire clairement que la discrimination par l’âge est une réalité pour des milliers de femmes et d’hommes aujourd’hui. Même si elle est tout aussi injuste qu’incompréhensible, elle est belle et bien là. Et c’est d’autant plus perturbant qu’on nous explique à longueur de journée qu’il faut travailler jusqu’à presque 70 ans. Pourquoi pas, si on a la chance d’exercer une activité professionnelle épanouissante. Et en même temps, à partir de 50 ans, presque aucune entreprise n’est prête à nous embaucher.

Alors que faire ?

Profiter de ce moment de vie pour prendre le temps de s’interroger sur son vrai désir.

Le travail est un marqueur identitaire. On a été biberonnée au travail depuis notre plus jeune âge. Alors oui c’est dur de se retrouver du jour au lendemain en dehors du salariat quand on l’a toujours été. On perd confiance en soi. Certains jours, on a envie de se cacher et de surtout ne voir personne tellement on a honte, car on ne peut plus répondre à la question sociale la plus usuelle «et toi, qu’est-ce que tu fais».

Alors, on doit apprendre à inventer des parades, à construire un véritable story telling de sa vie pour avancer et ne surtout pas se renfermer sur soi-même.

Changer de vie à 50 ans, c’est possible.

Et cela ne veut pas dire tirer un trait sur ce que nous avons été. Pas du tout. C’est plutôt s’autoriser à découvrir d’autres facettes de soi, se libérer de nos anciens rôles même s’ils ont été importants pour nous à un moment donné, refuser de se retrouver limitée par les autres à un rôle donné. Et c’est toujours enrichissant de découvrir des nouveaux aspects de soi, de sa personnalité au-delà de la personne qu’on pense être. Mais ce n’est pas toujours facile d’accueillir une nouvelle identité, de se libérer de ses anciens rôles.

Garder en tête que notre pire ennemi est le syndrome du rétroviseur.

Car c’est à travers lui que nous revivons et recréons en permanence notre passé. Nous croyons à tort que nous sommes toujours la personne que nous étions. Mais en nous référant aux limites de notre passé, nous empêchons notre potentiel actuel de s’exprimer. Car nous filtrons chacun de nos choix en fonction des limites fixées par nos expériences passées. Donc une bonne fois pour toute on accepte que le passé n’est pas égal à l’avenir. On ne se fixe donc pas de limites inutiles. On ne laisse pas les croyances limitantes des autres contraindre notre potentiel. On définit clairement ce qu’on veut, on se persuade que c’est possible en se concentrant sur l’objectif à atteindre et en l’affirmant chaque jour. On avance vers sa vision jusqu’à ce qu’elle devienne réalité.

Surtout, on veille à s’entourer de personnes qui croient en nous, qui nous permettent d’améliorer notre existence et qui font ressortir le meilleur de nous-même.

Et on n’hésite pas à s’aider et à se faire aider.

Du bien fondé d’un coach.

C’est super important de se faire épauler par un professionnel pour ne pas polluer vos proches avec des questions et des problèmes qu’ils ne peuvent pas résoudre.

Nos proches nous donnent l’affection, la sécurité et la présence dont nous avons besoin. Mais eux aussi ils ont leur vie à gérer. Donc on ne peut pas leur prendre toute leur énergie.

D’où le recours à un professionnel de l’écoute. A quelqu’un qui a les outils et la formation pour nous aider à découper la grande montagne en objectifs atteignables et raisonnables sans pour autant renoncer au sommet. A quelqu’un dont le job est de nous aider à faire le clair en nous. A décortiquer ce que nous aimons et n’aimons plus, à descendre couche après couche dans les méandres de nos peurs, de nos doutes et de notre désir. Ça prend un peu de temps, certaines séances sont euphorisantes et d’autres déprimantes. Mais en règle général, on arrive au bout du tunnel et la lumière n’en est que plus délicieuse.

Ne restez surtout pas seules avec vos doutes et vos remises en question. Ils sont légitimes et en fait ils sont presque un passage obligé vers autre chose.

Changer de vie, oser changer de modèle.

Ce n’est pas aussi simple que les magazines veulent nous le faire croire quand régulièrement ils titrent sur « ceux et celles qui ont changé de vie ». C’est un processus long, délicat et qui se fait rarement en 24H. C’est l’aboutissement d’un travail personnel qui permet de définir son nouveau cadre, ses nouvelles attentes. Qui permet surtout de bien prendre conscience de ce que nous allons gagner et de ce que nous allons perdre. Car il y a forcément des pertes.

A chacune de définir ce qu’elle est prête à abandonner : statut social, argent, reconnaissance, notoriété, … Et ce n’est pas grave d’hésiter, de douter, de changer d’avis.

Vous le faites pour vous d’abord et surtout. Donc ce que pensent les autres, et je ne parle pas là de nos super proches, de celles et ceux qui partagent nos vies, on s’en fiche un peu. Et ce n’est pas facile de ne pas entendre tous les cassandres d’un côté qui activent les peurs et aussi tous les casse-cous qui vous poussent au saut en parachute.

En fait, je crois dans le pouvoir de l’intuition avant tout. C’est elle qui sait. Et nous avec. Ecouter son intuition, la laisser s’exprimer surtout. Empêcher le mental de l’étouffer sous des couches de peurs et de questions.

Prendre soin de soi et devenir son meilleur ami.

Ça a l’air un peu tarte à la crème de dire ça. Mais quand vous y réfléchissez bien, qui est le plus dur avec vous, sinon vous-même ? Qui juge en permanence sévèrement ? Pour progresser nous avons besoin de nous entourer de bienveillance. Alors, on commence par être bienveillante avec nous-même.

Le yoga Kundalini est mon meilleur allié dans ce travail. L’alliance d’une activité physique et spirituelle est une véritable aide dans ces périodes de remise en question et d’écoute de soi.

La méditation m’est devenue indispensable pour entrer en connexion avec mon intériorité et ne pas laisser Mental FM faire sa loi. Le mental est sous la coupe de l’égo. Et lui, il a bien compris que la peur était sa meilleure protection contre le changement. Alors, Mental FM fait tout pour garder son pouvoir. La méditation permet d’entrer en connexion avec son corps et son ressenti. Non pas “qu’est-ce que je pense” mais “qu’est-ce que je sens ? qu’est-ce que je ressens ? où je le sens ?” C’est une question beaucoup plus délicate qu’il n’y paraît.

S’entraîner à ressentir versus penser.

Nous sommes toutes les produits d’une culture de la pensée et non du ressenti. On est championne pour analyser, disséquer une situation, une réaction, un succès ou un échec. Mais dès qu’il s’agit du corps et de son écoute, là ça se corse, en général. Tout comme on a appris à faire fonctionner son cerveau, à développer une argumentation logique ; on peut apprendre à écouter son corps, à le respecter et à le remercier de tout ce qu’il fait pour nous. Car il nous parle en permanence notre corps. Et soyons franche, très souvent on met du temps à s’en apercevoir, ou plus exactement à cesser de le museler. Et ce qui se passe est assez magique.

Le jeûne, le yoga et la méditation sont des outils formidables pour se connecter à son corps.

Alors, oui je crois que 50 ans c’est un bon moment pour changer de vie. En gardant en tête que ça se prépare et que cela peut prendre un peu de temps. C’est normal de se poser des questions, de ne plus vouloir subir un mal-être au travail, de chercher un meilleur épanouissement. Et en même temps, c’est aussi difficile. C’est pour cela qu’il est super important et, encore plus pendant les périodes de questionnements, de prendre soin de soi. Veiller à son alimentation, à son énergie, à sa peau, à sa silhouette. S’entraîner à penser positif, prendre le temps d’écouter son corps et ses signaux, échanger avec les autres pour prendre conscience que nous sommes nombreuses à passer par ces moments de déstabilisation et de questionnements.

C’est tout l’objet de mon blog. Partager avec vous tout ce qui me semble important pour se sentir bien et en confiance avec soi.

 

 

 

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4 Commentaires

  • Avatar
    Répondre Corinne 14 décembre 2018 at 20:06

    Bonsoir Natacha,

    Votre article vient a point dans cette même étape de ma vie que vous décrivez si bien. Ne pas se sentir seule dans ce processus est ,en effet , un vrai confort.
    Merci pour l’ecriture sur cette phase de vie pas si simple à gérer malgré un côté extrêmement fascinant et stimulant à la traverser. Je vais tacher de l’acceuillir avec bienveillance..

    Très belle soirée
    Corinne

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 17 décembre 2018 at 14:02

      Merci Corinne de votre témoignage et de vos encouragements. La bienveillance est un merveilleux outil de respect de soi et des autres.

  • Avatar
    Répondre Catherine 1 juin 2019 at 14:30

    Bonjour Natacha
    Je suis exactement dans cette période où mon employeur souhaite me voir partir… j’ai plus de 50ans , victime d’une rupture d’anévrisme dont je me sors miraculeusement, ils me regardent comme une intruse. ;0) heureusement je fais une formation pour être sophrologue et je re crée des bijoux.
    Je pense a moi .
    Et je lis vos précieux conseils 🙂
    Merci Natacha

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 1 juin 2019 at 16:23

      Bonjour Catherine, l’essentiel est de prendre soin de soi et d’écouter son corps. Votre rupture d’anévrisme est un signe que quelque chose doit changer. Que vous devez vous occuper de vous. Bravo c’est que vous faites. Concentrez vous sur ce qui vous nourrit et vous régénère. Quant à votre employeur, n’hésitez pas à prendre conseil auprès d’un avocat pour savoir comment gérer la situation de façon à vous préserver et vous protéger. Bon courage. Et mille mercis de me lire. Bien à vous. Natacha

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