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Toutes les vies de … GERALDINE DORMOY

19 février 2020

Changer de vie, de métier pour redonner du sens à son quotidien, vivre de sa passion, monter son entreprise, découvrir de nouveaux horizons, explorer soi-même et le monde … On en a presque toutes rêvé un jour … et certaines franchissent le pas réellement. Leur aventure peut nous servir de modèle et surtout nous encourager à ne jamais baisser les bras.

 Fine, sensible, Géraldine a sauté le pas plusieurs fois et se réinventer est devenu un chemin de vie qu’elle épouse avec force, courage et détermination. Depuis que je la suis sur les réseaux sociaux, je suis touchée par la qualité et l’honnêteté de ses partages. J’ai eu envie de lui donner la parole et de vous faire profiter de la richesse et de la sincérité de son expérience.

A propos de son parcours

J’ai 43 ans. Je suis née à Paris, j’ai grandi en banlieue, à Cergy-Pontoise. J’ai fait une école de commerce, Sup de Co Reims. Je m’y suis ennuyée. J’étais passionnée de mode, mais j’ai mis du temps à assumer mon goût pour quelque chose qui, à l’époque, n’était pas pris très au sérieux.

Après quelques années dans le marketing de la presse, j’ai repris des études, à l’Institut Français de la Mode, et en même temps j’ai lancé mon blog, Café Mode. C’était en 2005. Les planètes étaient alignées : le blog a tout de suite bien marché et j’ai adoré ma formation.

En 2009, L’Express m’a embauchée en tant que journaliste mode. Leur site web prenait de l’ampleur. Ils m’ont donné ma chance. En 2011, enceinte, j’ai été nommée responsable de la section lifestyle. J’ai encadré jusqu’à cinq personnes. J’ai adoré manager. Mais le contexte économique était de plus en plus compliqué.

En 2017, on m’a détecté un cancer du sein. Mastectomie, chimio, radio, hormonothérapie. Aujourd’hui je vais bien, mais cette épreuve a changé beaucoup de choses. J’ai revu mes priorités. Je me suis mise à la méditation, au yoga. De cette année de traitements et de transformation, j’ai tiré un livre, Un cancer pas si grave, paru en septembre 2019 (éd. Leduc.s). J’ai quitté L’Express peu avant, et je suis aujourd’hui journaliste free-lance.

Sur le job de ses rêves

Enfant, j’avais du mal à m’avouer mes rêves, à les exprimer. Mais tout au fond de moi, j’avais envie d’écrire.

Elle ne serait pas là si …

J’ai eu 2 tournants professionnels majeurs : quand j’ai décidé de faire l’IFM (Institut Français de la Mode) et donc d’assumer ma passion de la mode et récemment quand j’ai quitté L’Express. Les circonstances étaient différentes dans chacun des cas. Dans le second cas, le cancer a été le détonateur. Mais en fait, entre les deux, il y a un point commun, je m’en rends compte, c’est que je ne pouvais plus faire autrement. Il fallait que je m’échappe d’une situation qui ne me correspondait plus.

Sur comment on gère la prise de risque et ses peurs

J’ai longtemps eu très peur. C’est d’ailleurs ce qui m’empêchait de partir. J’ai hésité pendant des années. Mais j’ai appris à vivre avec cette peur. Aujourd’hui, grâce à un gros travail d’introspection toujours en cours, je sais qu’elle est le signe que « je chauffe », que, derrière, il pourrait y avoir quelque chose d’intéressant pour moi. Elle ne m’arrête plus. Au contraire, le défi me stimule. « La peur est un cimetière où nos rêves vont mourir et se dessécher sous un soleil de plomb », dit Elizabeth Gilbert dans Comme par magie.

A propos des réactions de son entourage

Mon entourage a su bien avant moi que le changement auquel j’aspirais me correspondait. Personne n’a été étonné. Et aujourd’hui, au quotidien, mon mari est d’un grand soutien. Car je continue de beaucoup douter !

Sur le meilleur conseil qu’elle ait reçu

« Ouvre un blog », m’a suggéré Mark, mon mari, juste avant que ça devienne à la mode. Il voyait que j’avais envie d’écrire mais que je ne me l’autorisais pas. Il sentait la tendance monter, il a eu le nez creux. Dès le départ, ma communauté m’a portée.

Une journée de Géraldine, ça ressemble à …

En semaine, je me lève à 5h. Pendant deux heures, je ne fais que des choses pour moi : Kundalini yoga, flot de pensées, méditation, course à pied. Puis je me prépare et prends le petit-déjeuner avec mon fils de 8 ans. À 8h30, la journée de travail peut commencer. J’écris pendant deux heures – j’ai un nouveau projet de livre – puis j’avance sur des projets pour des clients, marques ou médias. Je déjeune rapidement chez moi. Même si j’adore retrouver une amie au resto, j’habite à Clichy et aller dans le centre de Paris me couperait trop dans mon élan. Je travaille jusqu’au retour de mon fils à 18h. Le soir, quand je ne sors pas pour aller au yoga ou dîner avec une amie, je reste tranquillement chez moi avec ma famille. Quoi qu’il arrive, à 22h je suis au lit avec un bon bouquin.

A propos de ses plus belles gratifications

Que des gens fasse appel à moi pour des projets. Quand j’étais salariée, je m’imaginais que, si je devenais free-lance, je n’intéresserais personne. Aujourd’hui, je me rends compte qu’il s’agissait de projections mentales qui n’avaient rien à voir avec la réalité.

Sur la suite, l’avenir

Mon rêve est de trouver un équilibre entre la rédaction de livres très personnels et des collaborations liées à l’écriture, avec des marques et des médias. Les deux se nourrissent.

Un dernier mot Géraldine pour toutes les femmes qui nous lisent et ont envie de sauter le pas, vous leur diriez quoi ?

On a tendance à enfouir nos désirs très profondément. L’important est donc de s’équiper d’outils qui vont nous permettre de les déterrer. Pour moi, ce fut la psychothérapie (19 ans !) et c’est aujourd’hui la méditation et le yoga, mais ça pourrait être autre chose. Une fois armée, on peut aller vers une meilleure connaissance de soi… et une plus grande écoute de ses envies.

 

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