Bien-être

Se faire du bien.

1 juillet 2019

Je ne sais pas vous, mais moi pendant très longtemps, j’ai couru. J’étais presque une championne de marathon. Je courais vite et j’étais super occupée. Mon objectif était d’être super performante partout. J’étais à fond tout le temps le pied collé sur l’accélérateur. Au boulot bien sur, mais aussi au sport, en voyages, en vacances … C’est épuisant bien sûr, passionnant aussi. Mais ça donne des agendas tellement remplis qu’il n’y a plus de place pour l’imprévu, la surprise, l’inattendu. Alors, penser à se faire du bien, c’était loin de mon mode de vie.

Un jour ça craque. Pas d’un seul coup. Non, ça commence par des petites fissures sur la peinture nickel. J’ai commencé par m’étonner de prendre si peu de vacances. Pas grave, j’ai tellement de chance de voyager pour mon boulot. J’ai commencé à sentir monter une insatisfaction, qui s’est installée. Ma vie manquait de légèreté, d’insouciance, d’imprévu. Tout était trop organisé. J’ai commencé à ralentir. A me dire, et ça arrangeait bien tout le monde, que les conférences téléphoniques pouvaient aisément se substituer à certains voyages. Que oui, c’était super les ponts, les jours fériés, les vacances. J’ai commencé à penser à me faire du bien. Que se faire du bien n’était pas un gros mot.

Alors, le mental, voyant le danger arriver, se met en mode résistance. Il se rappelle à nous assez vite et fait tout ce qu’il peut pour nous remettre sur notre autoroute. Il est dans son rôle. Et il a un chiffon rouge quasi magique, nos peurs. Nous en avons toutes des peurs et donc des besoins.

Là, pour le contrer il n’y a pas d’autres solutions que d’écouter les messages du corps, d’être dans le ressenti corporel. Plus facile à dire qu’à faire en vrai tellement nous sommes habituées à penser et non à ressentir.

Notre corps nous parle tous les jours.

On ne s’en rend pas toujours compte car on n’est pas super sympa avec lui. Moi, comme vous probablement, j’étais championne du « jamais assez bien ». Je le torturais mon corps quand même. Je lui infligeais des régimes, des disciplines, des efforts et je ne le remerciais jamais en fait. Et lui, il s’adaptait.

Parfois, quand c’était trop difficile il m’envoyait des messages de stop. Mais bon, je n’y faisais pas plus attention que ça. Il était alors obligé de parler plus fort. Pendant une période, je tombais tout le temps. Je me tordais la cheville la veille d’un voyage en Inde auquel je tenais beaucoup. J’ai failli atterrir dans la Seine lors d’une promenade sur les quais pendant laquelle je ruminais des pensées négatives. Et heureusement un jogger m’a stoppée dans ma chute et je me juste abîmé les genoux. Je glissais chez moi me tapant la tête. Un florilège de chutes. Et tout ça pourquoi ? Quels messages mon corps voulaient-ils m’envoyer ? Celui de ralentir cette course effrénée, de souffler 2 secondes. De ne pas remplir chaque interstice de ma journée. De laisser de la place pour le vide.

Accueillir le vide.

S’il y avait bien un mot qui me terrifiait c’était celui-là. Le vide. Accepter de n’avoir rien à faire si ce n’est de profiter du moment. Pour moi, cela revenait à escalader l’Annapurna en tong au mois de janvier. Je m’en croyais totalement incapable. Mais petit à petit, j’ai accepté l’idée que je devais essayer de ralentir. Et observer ce qui allait se passer.

Mais comment on fait pour ralentir ?

J’ai commencé par éliminer les activités que je faisais en mode automatique mais qui en fait ne me plaisait plus tant que cela. J’ai commencé par arrêter de faire du Pilates tous les matins. J’allais à mes cours par obligation et plus par plaisir. Ensuite, j’ai séché ma cure de détoxination que je faisais une fois par an à Merano. Je connaissais trop les enchaînements par cœur. J’ai refusé de continuer à voir des gens toxiques dont les énergies négatives me pourrissaient mon énergie. J’ai aussi éliminé les déjeuners « sociaux » superficiels et peu productifs. Et ainsi de suite avec tout ce qui ne me faisait plus vraiment plaisir.

Alors, le temps devint un peu plus long. J’avais l’impression d’en avoir plus. J’ai eu envie de tenter des nouvelles expériences. L’une d’elle s’est révélée vraiment passionnante et enrichissante, le Kundalini Yoga.

Le Kundalini, une aventure spirituelle intense.

Le Kundalini c’est le yoga de la conscience, de l’éveil spirituel, des polarités, de la réconciliation corporelle. J’ai eu de la chance de le commencer avec une enseignante lumineuse et éclairée, Anne Bianchi, fondatrice de Satnam Montmartre. Elle m’a ouvert les portes de cette pratique avec intelligence et bienveillance. Et bien sur que ce n’est pas toujours facile de rester assise les yeux fermés dans une position, de chanter des mantras dans une langue étrangère ou de faire des exercices de respiration. Mais c’est tellement enchanteur et gratifiant quand soudainement on prend conscience de sa respiration, qu’on ouvre son cœur pour recevoir et honorer tout ce qu’il y a de sacré en nous. Je continue cette pratique toutes les semaines et lors de retraites. Et je mesure tous les jours ses bienfaits sur moi.

Lâcher la perfection pour se faire du bien.

Notre bien-être dépend de notre capacité à avoir conscience de notre imperfection. Chercher la perfection, la perfection totale, c’est surtout chercher en dehors de soi sa valeur. C’est déléguer à l’extérieur sa sécurité, son estime de soi. C’est se rassurer sur ce qu’on vaut par le travail et les regards extérieurs, les compliments, les bonnes notes. Mais c’est de la fausse sécurité qui nous place dans la dépendance du regard de l’autre, des autres, nous rendant par là-même fragile.

Faire les choses pour soi

Tout est en nous et non à l’extérieur de nous. Faire les choses en fonction des autres est souvent source de déception voire d’aigreur et d’épuisement. Car cela nous demande une énergie folle de nous adapter en permanence, de changer de costume en fonction de notre interlocuteur.

C’est probablement la meilleure leçon de vie qu’il m’ait été donnée de recevoir. Je n’attends pas que les choses m’arrivent de l’extérieur. Je choisis de faire ce qui me semble bien pour moi, ce qui me fait envie. Et je le fais à ma façon sans trop écouter les avis extérieurs. Je suis persuadée que nous avons toutes une merveilleuse boussole intérieure nommée intuition. C’est une émotion positive et surtout un guide fiable. L’intuition sait ce qui est bien pour nous. L’intuition n’est pas liée au mental. Elle prend sa source dans le corps. C’est en écoutant son ressenti corporel qu’on sait là où notre intuition nous porte.

Le jeûne, par exemple.

J’en ai fait un l’année dernière pour la première fois. L’expérience m’a tellement plu et m’a été tellement bénéfique que j’y retourne cette année. Et je n’écoute pas tous les commentaires des unes ou des autres sur pourquoi j’ai raison ou tord. Je sais que, le jeûne, c’est bien pour moi. Et mon corps l’a validé à 100%.

La méditation.

Tout le monde nous bassine avec la méditation. C’est devenu l’outil du développement personnel, de la bonne santé, de la bonne humeur, de la gestion du stress. Bref, si on ne la pratique pas, on se sent presque has been.

Sauf que la méditation comme bloc en fait n’existe pas. Il y a de multiples façons de méditer et de multiples voies d’accès à la méditation. J’ai mis du temps à réussir à l’intégrer dans ma pratique du matin. C’est le Yoga Kundalini et ses méditations qui m’y ont amenées. J’ai commencé par 10 minutes le matin et ça me semblait infini. J’ai pris conscience alors de ce temps que j’avais la sensation de ne pas arriver à saisir. Là assise sur mon tapis, j’en sentais la densité, la présence. Je me suis accrochée à mes 10’ puis je suis montée à 15’ et aujourd’hui j’ai trouvé mon rythme de croisière à 30/35’. Et je pratique tous les matins avec joie. Je sui heureuse de m’accorder ce moment seule avec moi-même dans le silence.

Sortir du jugement

Et écouter sa voix intérieure. Il y a de multiples options pour mener une vie heureuse. La vie n’est pas une compétition permanente. On n’a pas besoin d’être toujours plus que quelqu’un dans tous les domaines.

Pour moi, arrêtez la compétition que j’adore en vrai, c’est plus facile quand les sujets ne m’intéressent pas. Mais je m’applique à le faire aussi dans des disciplines que j’aime.

La cuisine par exemple. Je n’ai aucun intérêt pour cette activité. A la différence d’autres personnes, elle ne me relaxe pas, ne me produit aucun sentiment ni émotion positif. Donc je fais le strict minimum pour la vie de tous les jours. Et comme j’adore recevoir, j’ai adopté un parti-pris super simple : j’achète de très bons produits que je ne transforme pas. Les menus ne sont pas hyper variés mais pas grave ça ne nous empêche pas de passer de super bons moments.

Quant au sport que j’adore pour le coup, je fixe mes objectifs de performance avec mon coach en fonction de ma condition physique et mentale. Et nous rions beaucoup quand je lui parle des abdos de tel sportif, des performances de tel autre et de la silhouette incroyable de telle étoile de l’Opéra de Paris.

J’ai compris que ce que je fais c’est pour moi. Pour me sentir centrée, en cohérence avec moi. Et surtout pas pour les autres.

Chercher de la cohérence

C’est un cheminement un peu long et parfois délicat. Mais ça en vaut tellement la peine. Refuser les activités et les gens qui ne sont pas ressourçant pour soi. Plein de fois on agit par obligations. Commencez par les diviser par deux, enlevez les rendez-vous, sorties ou activités qui ne vous apportent pas vraiment de plaisir. Celles dont vous ne vous rappelez plus pourquoi vous avez dit oui. Vous verrez comme on se sent plus légère après.

Nourrir la compassion envers soi

Et retrouver le petit enfant en nous et sa capacité d ‘émerveillement. Renouer avec la petite fille que nous maltraitons souvent par nos injonctions à être parfaite. Lui donner la parole, l’écouter change tout. On se sent alors plus en cohérence entre ce qu’on fait et qui on est. La petite fille ancre la femme que nous sommes devenue. Elle a plein de trucs à nous dire notre petite fille. Surtout, elle nous permet de sortir de l’auto programmation et des schémas répétitifs dans lesquels nous sommes enfermées.

Devenir sa meilleure amie.

S’engager pour soi. Se comprendre. Ecouter nos sensations, accueillir ses émotions sans jugement. S’aimer. Se parler comme on le fait avec sa meilleure amie, nous.

En un mot, être dans la bienveillance envers soi d’abord pour pouvoir l’être avec les autres.

Je sais que la bienveillance semble être un terme à la mode du développement personnel qui lui-même nous envahit quotidiennement. Mais allez au-delà du mot et pensez plutôt la bienveillance comme une autre façon de regarder ce qui nous entoure, les gens que nous rencontrons, les émotions qui nous animent. La bienveillance c’est l’anti dote de nos pensées limitantes. C’est refuser de se laisser porter par nos peurs qui nous maintiennent dans nos schémas. C’est décider d’être généreuse avec soi-même, de ressentir avec le cœur en premier versus de penser, de laisser le mental être l’unique prisme de notre perception et interprétation du réel.

Se faire du bien est une démarche active qui demande de s’engager pour soi. C’est un apprentissage qui peut prendre du temps. C’est une perspective qui cultive l’estime de soi.

Remerciez-vous.

Pour chaque petit geste que vous avez fait pour vous. Chaque pas que vous avez fait pour vous rapprocher de vous. Exprimez-vous de la gratitude.

Petite bibliographie pour vous inspirer cet été.

La période estivale qui arrive, c’est le moment parfait pour commencer à ralentir et à prendre soin de soi. Pour vous inspirer, je vous propose quelques ouvrages qui m’ont aidée pendant ce cheminement personnel … et qui m’aident encore

  • Trois amis en quête de sagesse. Christophe André / Alexandre Jollien / Mathieu Ricard
  • The universe has your back de Gabby Bernstein
  • Yoga Kundalini, pour une vie invincible. Guru Jagat
  • Le cinquième accord toltèque. La voie de la maîtrise de soi. Don Miguel Ruiz & Don José Ruiz
  • Ce que la vie m’a appris. Perla Servan Schreiber

 

 

 

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5 Commentaires

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    Répondre Chantal 2 juillet 2019 at 08:25

    Comme ce billet me parle: je zappe tout ce qui est relaxation, méditation… pour l’instant, je n’y arrive pas, il y a deux barrières, un, la sensation de perdre du temps, deux, le sentiment de culpabilité… ais-je le droit de ne “rien faire”…
    je vais devoir y réfléchir MERCI

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 2 juillet 2019 at 10:30

      Bonjour Chantal, évidemment que nous avons parfaitement le droit de ne rien faire. Mais méditer et prendre du temps pour soi ce n’est pas rien faire mais bien au contraire c’est faire pour soi et non pour les autres. Pourquoi quand vous prenez du temps pour vous cela voudrait dire “perdre son temps”. Au contraire, c’est prendre le temps de s’arrêter avec soi en sa propre compagnie. C’est précieux et c’est tout le contraire d’une perte. C’est essentiel pour se sentir ancrée et être tout simplement. Nous avons trop été dans une culture du faire. Essayez de vous fixer un rituel de méditation. Tous les matins ou tous les soirs. Commencez par 5′ puis ensuite vous prolongerez le temps. Il y a plein de méditation possible. La plein conscience, la méditation transcendantale, … Choisissez celle qui vous convient le mieux. Essayez surtout. Au début il faut persévérer car nous n’avons pas l’habitude d nous retrouver seule assise les yeux fermés face à nous même. Avec la pratique quotidienne on y prend goût. Très belle journée. Bien cordialement. Natacha

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    Répondre christineM 3 juillet 2019 at 17:08

    Bonjour Natacha,
    Je lis ces lignes et j’ai l’impression que j’en suis l’auteure. C’est tellement çà!!!! Je me retrouve dans tout ce que vous dites ; il y a quelques mois j’ai frôlé le burn out au travail , heureusement pour moi j’ai réagi au bon moment, j’ai entendu ma petite voix et aujourd’hui je remplis mon quotidien de vide, de pause, moi qui était une hyperactive…. je remets toutes les pendules à l’heure et c’est tellement bon. Je pense que notre âge (58 ans pour moi) est la raison de ce chamboulement intérieur, de cette prise de conscience. Je me répète souvent que c’est une forme de sagesse, sagesse de l’âge. Je vous remercie pour votre blog et tout ce que vous partagez ici.

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 3 juillet 2019 at 18:38

      Chère Christine, merci de votre message et de votre témoignage. Je suis heureuse que mon blog et mes articles résonnent avec vous. Très belle soirée.

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    Répondre Napp veronique 6 juillet 2019 at 09:58

    Tellement vrai :)) Anne Bianchi , c’est votre amie qui a changé de vie ? belle journée à toutes les plus de 50 ans
    Veronique

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