Ménopause

Pourquoi on peut se sentir fragile à 50 ans ?

27 septembre 2019

50 ans, je reconnais que c’est un moment de la vie plutôt déstabilisant car il nous fait basculer dans une tranche de vie nouvelle, moins codifiée, où tout est à découvrir, à explorer, dont personne ne parlait vraiment jusqu’à récemment. Un passage, une rupture d’équilibre d’un état familier à un autre inconnu et potentiellement anxiogène aux vues des imaginaires si négatifs associés à ce moment de vie des femmes.

Je vous parle souvent de la ménopause car je me suis rendue compte que c’était un tabou encore bien tenace et ancré dans notre imaginaire collectif. Un truc qui colle à la peau et dont on a du mal à s’affranchir. Une image de renoncements et de pertes. Perte de féminité, perte de désirabilité. Peur de devenir invisible. Voilà, les images qui sont collées dans notre cerveau. Le plus souvent de manière inconsciente. Elles sont tout simplement transmises de génération en génération. A nous de le changer. De stopper ces pensées limitantes et ces messages négatifs.

Tous les âges rajeunissent avec l’allongement de la durée de la vie.

50 ans aujourd’hui c’est 40 ans hier. Les femmes de 50 ans ne se reconnaissent plus dans les archétypes anciens des femmes de 50 ans d’hier. Et pourtant les images et les stéréotypes ont la vie durent surtout quand ils sont véhiculés par la majorité des relais d’opinion (corps médical, médias, cinéma, …) Il n’y a que récemment que nous avons vu émerger dans des séries américaines des personnages de femmes matures puissantes, sexy et en position de leadership. Elles sont encore peu nombreuses en France et au cinéma, on cherche les grands rôles de femmes matures. La cosmétique, par intérêt économique, a compris la nécessité d’avoir des modèles de femmes matures crédibles. Et c’est chouette de voir Jane Fonda, Helen Mirren, Isabella Rossellini, … en égéries de marques de beauté. Un bon début !

50 ans, c’est vraiment un nouvel âge.

Celui d’après la maternité, d’après l’éducation des enfants, d’après la construction de sa famille, celui de l’épanouissement personnel et professionnel. Un âge la plupart d’entre nous se sentent en super forme, libre et avec tellement moins de contraintes à gérer. Et paradoxalement un moment où on doute plus, où on perd ses anciens repères, où on a envie de changer parfois de vie ou de boulots ou les deux.

50 ans en fait c’est un pivot.

Le moment où on peut prendre le temps de réfléchir avec sincérité à sa vie, là où nous en sommes ? Se demander quelles ont été jusqu’ici ses priorités ? qu’est-ce que j’aimerais changer, améliorer dans mon existence ? Le moment des questions à entrées multiples qui parfois nous épuisent et nous font nous sentir totalement paumées face à l’étendue des bouleversements qui pourrait en résulter.

Un moment aussi où on peut parfois sentir le sol s’effriter surtout quand une ou plusieurs de nos fondations s’effondrent. Moi, c’était celle du boulot. Le choc a été violent tellement mon travail était identitaire. Je n’ai pas eu le choix. A 52 ans, mon entreprise m’a fait clairement comprendre que je pouvais être remplacée par une personne plus jeune et moins chère. Cqfd imparable. D’un côté, on nous demande de travailler jusqu’à 64 ans et oui formidable si les entreprises arrêtent de licencier toutes personnes de plus de 45 ans. Mais que faire si ce n’est s’adapter au réel. L’accepter tout d’abord pour ce qu’il est. Une décision financière qui ne doit pas porter atteinte à notre intégrité. Et c’est là bien sûr que ça fait mal et que se creuse le vent mauvais de la perte de confiance en soi.

L’âge n’est pas une faute.

Comment penser que ce n’est pas de notre faute ? Or on ne peut pas se reprocher son âge. Ce n’est pas une faute, l’âge. Mais dans l’idéologie anti-âge dans laquelle nous vivons, c’en devient presque une. Car notre société a adopté, semble-t-il, la jeunesse comme étalon de mesure, comme valeur dominante. Alors il ne faut pas ensuite se demander pourquoi vieillir angoisse tout le monde. Pourquoi les cosmétiques anti-âge, la médecine et la chirurgie esthétiques représentent des marchés colossaux.

L’âge n’est pas encore un droit.

Et quant à vieillir, c’est à peine une tolérance mais pas dans le monde professionnel. Il me semble qu’une des raisons est liée à la performance associée, à tord me semble-t-il, à la jeunesse. Nous pouvons être performantes à tous âges. Ce qui définit la performance selon moi, c’est la motivation et la passion que l’on va mettre dans ce qu’on fait. Peu importe l’âge alors. Mais plus encore quand on est une femme, on échappe difficilement aux jugements et remarques liés à l’âge. C’est un discriminant totalement genré. Il y a une très grande inégalité de traitement des hommes et des femmes face à l’âge. Un homme est mature là où une femme « aura pris un coup de vieux ».

Si nous sommes honnêtes, nous ne sommes pas très tendres non plus les unes avec les autres. Et c’est probablement par là que nous devrions commencer pour faire tomber les archétypes associés aux femmes de 50 ans.

Changer notre vocabulaire.

Refuser la stigmatisation et les paroles dénigrantes sur les femmes de 50 ans. Vieillir est naturel et surtout pas une catastrophe. C’est une chance au contraire. Celle d’être vivante avec la pêche et plein d’envies. A nous d’inventer notre âge, de l’occuper selon nos envies sans subir les archétypes d’un monde ancien et aujourd’hui révolu. Non, les femmes ne vieillissement pas différemment des hommes. Elles vieillissent plutôt mieux car la plupart du temps, elles font plus attention à elles.

Ma remise en cause fut profonde et difficile.

2 ans de travail entourée d’un coach en reconversion de vie, d’une thérapeute et de ma professeure de yoga Kundalini. Il y a des voyages, des renaissances qu’on ne peut pas forcément faire toute seule. Moi, j’ai eu besoin de cette aide pour trouver comment rebondir. Je refuse d’en présenter une version idéalisée paralysante pour les autres femmes confrontées aux mêmes questionnements sur le « et après, je fais quoi ? ». Ce n’est pas une question facile à résoudre. Et moi je suis gavée par tous les modèles idylliques qui nous sont présentés d’entrepreneuses à qui tout réussit comme par magie.

Ce n’est pas vrai. Les reconversions sont souvent difficiles à accoucher, longues à mettre en pratique et encore plus longue à être rentable. Elles nous forcent à un travail sur nous-même en profondeur. Elles nous demandent de revoir nos priorités, de repartir à la source de nos valeurs, de notre joie.

Le changement fait peur.

Même si on pense que non, c’est une réalité. C’est super difficile de sortir de sa zone de confort et d’accepter de faire de la place pour quelque chose qu’on ne connaît pas. Anne Bianchi, fondatrice de SATNAM MONTMARTRE et enseignante de Kundalini Yoga, nous le répète souvent. Larguer les amarres du connu même quand il nous fait souffrir ce connu, est difficile. Notre mental entre en résistance contre le changement. Il n’aime pas ça lui.

Le changement demande de la ténacité et du courage. Il peut se faire par étapes. La révolution n’est pas obligatoire. On peut instiller le changement couche après couche. On commence par repérer tout ce qui ne nous convient plus et on décide de ce qu’on peut supprimer à son rythme sans trop se soucier de ce que pensent les autres. Les autres ils ont aussi leurs propres problèmes et agendas. Ne les laissez pas entrer en interférences avec vous. Il n’y a pas vraiment de modèle de changement idéal. Il y a celui que l’on trouve pour soi et qui nous semble bien. Et on a le droit de changer de direction encours de route. Rien n’est figé. Rien n’est dicté par l’extérieur, tout est à l’intérieur de nous.

C’est ce que j’ai appris pendant mes séances de thérapies énergétiques, mes cours de Kundalini yoga et mes méditations quotidiennes. Accueillir ses peurs et ses doutes, reconnaître qu’ils existent sans les diaboliser ni les rejeter car ils reviendront alors encore plus fort. Alors, il y a des jours où on se sent très déstabilisées, très fragile et d’autres au contraire où on a une énergie à revendre et une créativité qui décoiffe. Au début, ce n’est pas toujours confortable ces montagnes russes mais en fait au bout d’un moment, on apprend finalement à accepter que les changements vont se faire comme ça. Qu’il n’y a pas tellement d’autres options en présence.

On arrête surtout de se comparer aux autres.

Alors, s’il y a bien une règle d’or en matière de développement personnel, d’éveil spirituel, c’est bien celle là. Les autres on les oublie. Ils ont leur vie, leurs questions, leur timing, leurs agendas … qui ne sont pas les nôtres. Bien sur, qu’il y aura toujours autour de nous, une copine, amie, connaissance qui aura été plus vite, qui aura réussi à créer un business, une nouvelle vie tellement plus vite que nous. Certes, ça existe et c’est top pour elles. Mais ça ne veut pas dire que nous sommes moins bonnes, plus lentes, moins inspirées. C’st juste que chacune d’entre nous a son timing, son chemin de vie. Quel qu’il soit, il est top car c’est le nôtre.

 

 

 

 

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6 Commentaires

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    Répondre Sylvie 27 septembre 2019 at 19:45

    Très joli texte sur cette délicate période de nos vies.

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 28 septembre 2019 at 09:50

      Merci merci de votre message 😊🙏

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 28 septembre 2019 at 09:50

      😊🙏

  • Avatar
    Répondre Berthet Sylvie 28 septembre 2019 at 09:42

    Un si joli texte pour une période délicate de nos vie, mais tellement belle et enrichissante.
    Amicalement.

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    Répondre Marie44 28 septembre 2019 at 11:51

    Je lis chacun de vos articles toujours avec beaucoup d’intérêt.
    Merci pour vos partages .
    Belle journée

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 28 septembre 2019 at 11:58

      Merci de vos encouragements et de me lire. Très belle journée 😊🙏

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