Ménopause

Pourquoi avons-nous peur de prendre de l’âge ?

11 avril 2024

L’âge fait partie de la vie. Pourtant nous avons peur de prendre de l’âge. Et plus nous avançons en âge, plus nous percevons sa finitude. Surtout, plus on subit de plein fouet le poids de certains archétypes bien ancrés dans notre inconscient collectif. Et si on prenait le temps, ensemble, de les remettre en question pour prendre de l’âge avec bonheur.

Archétype n° 1 : la pseudo-obsolescence programmée des femmes

Celui-là a la vie dure. Et c’est certainement un de ceux que nous redoutons le plus et qui est le plus difficile à faire voler en éclats. Il repose sur une équation assez sournoise qui tend à poser que le corps en bonne santé d’une femme est le corps en capacité reproductive.

Qu’entend-on derrière cette équation ?

Qu’avec l’arrivée de la ménopause et l’arrêt des règles, le corps de la femme n’est plus en bonne santé et donc plus désirable, car la mauvaise santé suscite peu le désir. Discours pernicieux s’il en est, car fondé sur un mensonge : la ménopause n’est pas une maladie et le corps de la femme ne se dégrade pas. Il s’adapte à une nouvelle donne hormonale comme il a l’habitude de le faire depuis l’adolescence.

Tout, dans le discours dominant autour de l’horloge biologique des femmes et les injonctions perpétuelles autour de la maternité, enferme le corps de la femme dans la reproduction comme si être femme passait obligatoirement par être mère. Cette assimilation et réduction du féminin à la maternité est dangereuse car elle réduit l’être femme et le féminin à une monodimension, à une dimension biologique.

À l’arrivée de la ménopause, si ce qui vous définit est la capacité à être mère, alors l’arrêt des règles peut être vécu de façon difficile. On peut se sentir exclue de la sphère des « vraies » femmes, celles qui peuvent être mères et qui sont désirables ayant un corps en bonne santé car apte à la reproduction.

Comprenez que cette équation de départ est une construction sociale.

Elle ne s’appuie sur aucun socle solide. Être une femme et être mère sont deux choses différentes et l’une n’inclut pas l’autre ni ne l’induit. Confondre les deux engendre beaucoup de souffrances. Certaines femmes ont du mal à s’autoriser à ne pas être mères car la pression sociale est super forte autour de la maternité obligatoire. La norme maternelle est un poids qui entrave et qui instrumentalise la vie des femmes en posant la maternité comme le passage obligé du féminin.

Je n’ai jamais eu envie d’avoir d’enfant.

Je considère que c’est ma liberté de décider de ce que je fais de mon corps. Pour autant, je me sens tout à fait femme. Mais que n’ai-je pas entendu entre 30 et 40 ans ? La fameuse horloge biologique était de presque toutes les conversations. Je trouve ce terme effrayant. Il signifie pour moi une sorte d’obligation à la maternité. Non, en fait, chaque femme doit pouvoir faire les choix qui lui semblent bons pour elle sans avoir à céder aux pressions extérieures.

À partir du moment où vous ne construisez pas votre féminin autour de la maternité, l’arrêt des règles à la ménopause n’est pas vécu comme une catastrophe mais plutôt comme une bonne nouvelle. Franchement, pensez-vous que ça vous manquera vraiment, les règles ?

C’est plutôt leur signification qui vous pèse en raison de l’importance symbolique associée aux règles. Quand une jeune fille a ses règles pour la première fois, en général, elles s’accompagnent d’un « tu es une femme maintenant ». En creux, certaines intègrent l’idée que « le jour où je ne les ai plus, je ne suis plus une vraie femme ».

Cet archétype est probablement le plus important à déconstruire en raison des effets dévastateurs qu’il peut avoir sur la confiance en soi, en sa séduction, en son être femme à la ménopause.

La hantise de la péremption

Être exclue du club des « vraies femmes », celles qui plaisent, sont jeunes, actives, séduisantes… Je l’entends souvent dans nos conversations et échanges autour de la ménopause. C’est une sensation déstabilisante qui s’accompagne de la peur des portes qui se ferment, des univers qui se rétrécissent. Cette peur ne repose sur aucune vérité scientifique. La seule chose qui s’arrête à la ménopause, ce sont les règles. On reste UNE FEMME À TEMPS PLEIN.

Certes, dans notre société judéo-chrétienne, la sexualité est associée à la reproduction. Donc la ménopause signifiant l’arrêt de la reproduction, de façon transitive, les femmes intègrent une sortie parallèle de la sexualité. Ce qui est faux, car même sans règles, le corps reste désirant. La libido est là, elle ne s’éteint pas avec l’âge. C’est elle, cette force vitale, qui nous donne envie de nous réinventer et de soulever des montagnes. Le désir ne s’évanouit pas avec la disparition des règles. Il est temps de nous affranchir de ces préjugés qui ont la vie dure.

Archétype n° 2 : les tabous et les idées fausses sur la ménopause

Ah ! la ménopause : vaste sujet que j’ai amplement développé dans mon précédent livre Belle et bien dans son âge !. On ne va pas se mentir : la ménopause, et surtout la périménopause, ce n’est pas toujours (voire jamais) super drôle. Mais ce n’est pas une maladie. Mais bien un phénomène physiologique naturel. Votre corps ne fait que s’ajuster à une nouvelle donne hormonale. Inutile de la dramatiser comme on a tendance à le faire aujourd’hui. Non seulement cela ne nous aide pas à passer ce cap, mais en plus cela nous empêche de mettre en place des solutions qui marchent (car oui, elles existent !), et de trouver un nouvel équilibre. Cela peut prendre un peu de temps, mais ce n’est pas en niant ce qu’il se passe que l’on y arrive. Bien au contraire !

Prendre en main son âge …

… c’est aussi prendre en main cette période de la vie au plus tôt, dès la périménopause. Cette période qui survient juste avant la ménopause. Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est normal, moi non plus je ne connaissais pas ce mot avant d’y être personnellement confrontée.

Car oui, plus tôt on adopte une hygiène de vie adéquate, plus vite on arrive à gérer les effets collatéraux de cette période de vie. Plus vite on atteint notre équilibre métabolique, moins on subit de déséquilibres en chaîne. Le grand enseignement que j’ai tiré de mon expérience, c’est que la ménopause et la périménopause se préparent, s’anticipent. Exactement comme certaines femmes calculent le bon moment pour une grossesse dans leur carrière. On est mieux armée pour réagir quand on a préparé le terrain.

Mon conseil : dès 45 ans, commencez à interroger votre mode de vie, vos habitudes alimentaires et sportives. Écoutez votre corps. Regardez-le avec bienveillance. Et commencez à vraiment en prendre soin, à adopter une démarche proactive vis-à-vis de votre santé.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe plein d’outils et de techniques pour apporter une réponse adéquate aux différents symptômes associés à la ménopause. Cela fera d’ailleurs l’objet d’un module entier spécifique. Eh oui, il est possible de bien vivre cette période incontournable !

Les 4 infos essentielles à retenir sur la ménopause

La ménopause n’est pas un marqueur de vieillissement.

Contrairement à la façon dont elle est décrite par les ouvrages médicaux, elle n’est pas une régression du corps, ni une déficience ou une dégénérescence, et pas davantage une maladie. C’est un phénomène biologique naturel : le corps ne se dégrade pas, il change, il s’adapte comme il a l’habitude de le faire depuis la puberté en passant par les grossesses. Au sens strict du terme, la ménopause est la fin des cycles menstruels. À la naissance, les ovaires disposent d’un stock défini de follicules contenant des ovules. À la puberté, le signal de départ du mécanisme d’ovulation est lancé, et quand le stock de follicules est épuisé, c’est la ménopause. Pas plus compliqué que ça (à l’exception bien sûr des cas plus délicats comme les ménopauses précoces) !

Elle n’arrive pas d’un seul coup.

Elle est précédée d’une période plus ou moins longue entre 45 et 55 ans, où les cycles se dérèglent, entraînant une série d’effets secondaires plus ou moins présents. C’est souvent pendant cette période de préménopause que les troubles, signes connexes de la ménopause, sont les plus importants (bouffées de chaleur, sautes d’humeur, irritabilité, perturbation du sommeil…). La raison en est le déséquilibre entre œstrogènes et progestérone qui s’installe. Les variations hormonales sont imprévisibles et nos ovaires nous font alors passer de périodes de carence en œstrogènes à un dérèglement de la sécrétion de la progestérone. Les premiers symptômes apparaissent en général vers 47 ans, avec un âge moyen de la ménopause à 51 ans. Entre 50 et 54 ans, 80 % des femmes sont ménopausées, chacune à sa manière, tellement nous vivons différemment les symptômes collatéraux de cet ajustement hormonal.

Pour passer le cap, il faut prendre à bras-le-corps notre fonctionnement physique et émotionnel.

Il s’agit ici d’acquérir de l’autonomie côté santé et de devenir des expertes de nous-mêmes, afin d’éviter de subir notre corps, nos émotions et notre mental. C’est décider de nous placer AUX COMMANDES DE NOUS-MÊMES grâce à la compréhension de ce qui se passe à l’intérieur de nous, et de ce dont notre corps a besoin pour retrouver son équilibre. Ça veut aussi dire que l’on ne confie pas de manière aveugle son corps aux médecins. Plus on se place dans une démarche active et proactive envers sa santé, plus on est en contrôle de soi et à même de décider quelles options sont bonnes pour soi. Les médecins sont des partenaires de santé, ils ne sont pas magiciens.

Elle est aussi une période de fragilité.

Reconnaissons-le avec bienveillance et compassion. Notre métabolisme a besoin d’un temps d’adaptation. Notre mental aussi. Cette fragilité qui pointe le bout de son nez est une chance, une opportunité pour fendre sa carapace et pourquoi pas passer à autre chose, se renouveler.

Le rôle des œstrogènes dans la chaîne de commande hormonale

Les œstrogènes, dites « hormones féminines », sont des hormones naturellement sécrétées par le corps. Elles sont majoritairement produites par les ovaires, les glandes surrénales, les glandes mammaires ou encore les tissus adipeux (c’est la raison pour laquelle le surpoids et le TSM – traitement substitutif de la ménopause – ne font pas bon ménage). Les œstrogènes agissent bien au-delà de notre appareil génital.

Ils ont ainsi une influence sur :

  • la solidité des os. Ils les aident à se régénérer en stimulant les cellules chargées de produire de l’os « neuf » et en freinant les cellules chargées de la dégradation osseuse. Ce sont donc des hormones qui agissent contre l’ostéoporose ;
  • le centre de l’humeur, d’où l’apparition possible de tristesse, fatigue ou irritabilité quand ils baissent. Les œstrogènes sont super tonifiants. Ils boostent la mémoire et aident à voir la vie en rose, car ils ont une action sur la production de sérotonine, l’hormone du bien-être et de la sérénité

Et aussi sur :

  • la qualité de la peau. Ils stimulent la fabrication de collagène, d’élastine et d’acide hyaluronique, les armatures naturelles de notre derme, rendant notre peau plus ferme, plus souple, plus dense, plus lisse et lumineuse ;
  • la qualité et la densité de la chevelure. Le cycle du cheveu est régulé par les œstrogènes et la progestérone. Ces deux hormones favorisent la pousse de cheveux de qualité. Dès que leur taux baisse, les androgènes (hormones dites « masculines ») vont prendre le relais auprès des follicules pileux, qui vont accélérer le cycle de vie des cheveux. Cette accélération anormale impose aux follicules pileux et aux racines une cadence de production infernale. Résultat, ils fabriquent des cheveux de plus en plus fins et courts ;

Et enfin sur :

  • la répartition des graisses dans le corps. C’est la partie la plus importante à comprendre, car elle va vous aider à piloter votre poids et à conserver votre corps comme vous l’aimez, sans déformation ni altération. Les œstrogènes sont à l’origine de la répartition « féminine » des graisses dans le bas du corps (cuisses et hanches). Leur baisse entraîne une migration des graisses vers l’abdomen et l’apparition de graisse ventrale avec, à la clé, une augmentation du risque de certaines maladies (cardio-vasculaires, diabète, cancer du sein…). Cette migration de la graisse peut être accentuée par la baisse de la masse maigre (muscles). La pratique d’une activité physique quotidienne permet de contrecarrer le ralentissement naturel du métabolisme et de continuer à fabriquer du muscle, gros consommateur de graisses.

Archétype n° 3 : le corps change (pas forcément en moins bien)

Oui, en prenant de l’âge, notre corps change, évolue, mais est-ce forcément en moins bien ? Nous avons tellement peu de représentations de corps à tous les âges de la vie que nous manquons de repères. Cherchez la représentation du corps des femmes de 40, 50 ou 60 ans. Difficile à trouver quand on sort des cinq mêmes actrices ou femmes connues qui font la couverture des magazines (une fois par an !).

La norme la plus courante dans les médias féminins, c’est le corps jeune, svelte, mince. Comme si le temps qui passe, l’âge, ne pouvaient se représenter, que c’était un sujet intime, intérieur. C’est sous-estimer l’importance des « role models », des femmes qui servent d’exemple à leur communauté.

Résultat : sans image de référence, comment se projeter dans l’âge sereinement ? Sans peur ? Pour déconstruire les représentations archétypales sur l’âge des femmes, le dédramatiser, nous avons besoin de montrer la réalité des femmes à tous les âges.

Avec le temps, notre corps change, oui, mais il ne devient pas forcément moins beau, moins désirable ou malade. Non, on ne grossit pas forcément au fil des années si l’on intègre le plus tôt possible une bonne hygiène de vie à la fois alimentaire et en termes d’activité physique.

Moi je me sens beaucoup mieux dans ma peau aujourd’hui qu’à 30 ans.

J’ai 58 ans et le corps dont j’ai envie depuis mes 18 ans. Est-ce le fruit du hasard ? Non, j’ai travaillé pour obtenir ce résultat. Surtout, après des années de régimes tous plus inutiles les uns que les autres, j’ai cherché à comprendre comment fonctionnait mon corps, de quoi il avait besoin pour être au mieux de sa forme. Je me suis donné le temps de cet apprentissage. Le temps de me REPROGRAMMER. Je sais donc que c’est non seulement possible, mais que nous pouvons toutes et tous le faire, à notre rythme.

Interroger le regard que nous portons sur notre corps

Nous avons toutes une image idéalisée de ce que nous sommes. Un rêve de corps en général peu accessible qui est le fruit d’années de sédimentations et d’accumulations d’images idéales et virtuelles de nous-mêmes. Les jambes d’unetelle, les cheveux de telle autre, le galbe des fesses d’une troisième et les yeux d’une quatrième. Cette image est source de grandes frustrations et d’insatisfactions chroniques. Elle nous pousse à faire des régimes improbables, à croire un peu n’importe quoi, nous laissant au final encore plus insatisfaites et malheureuses. Ce « moi idéal » est notre talon d’Achille, notre boîte à fabrique de complexes. Plus vite nous le comprenons, plus vite nous pouvons travailler dessus pour nous en libérer et nous aimer enfin ! Car oui, l’objectif de la réconciliation avec soi est de s’aimer, d’apprendre à être sa meilleure amie.

Faire corps avec son corps, l’accepter, l’aimer

Comprendre, aider et aimer son corps, FAIRE ÉQUIPE AVEC LUI, collaborer avec lui et ce le plus tôt possible, c’est la clé pour prendre son âge en main, sans se sentir limitée. La seule chose qui nous limite vraiment, ce sont nos pensées limitantes qui nous enferment dans une perception et une vision erronées de nous-mêmes. Notre corps est une véritable machine de guerre : il connaît ses véritables besoins. Il s’agit juste de l’écouter et de lui faire confiance.

Nous sommes notre corps. Que cela nous plaise ou non, c’est une réalité. Il est notre meilleur allié de vie, celui qui nous permet de sentir, ressentir, faire, voir, écouter, goûter…, celui qui nous permet de mener à bien nos projets de profiter des bons moments, d’apprécier les belles rencontres. Notre corps, c’est nous, notre identité, notre incarnation.

Arrêter de se regarder par morceaux

Je crois que c’est vraiment une activité exclusivement féminine, celle de se regarder et de s’analyser par morceaux. Ça vous parle, je suis sûre ! Cette activité qui consiste à chercher et à trouver forcément nos défauts imaginaires. Rien ne fonctionne jamais vraiment à ce petit jeu-là. Des jambes pas assez comme ça, des fesses et des seins trop ou pas assez quelque chose… À ce jeu, nous sommes des championnes toutes catégories, sachant que personne ne nous regarde jamais comme ça à l’exception de nous-mêmes. En fait, nous nous fabriquons des miroirs déformants et nous regardons tout à travers eux, créant et entretenant au passage nos pensées limitantes qui vont nous empêcher de profiter de beaucoup de bons moments. Et si vous décidiez de lâcher prise et de commencer à porter sur vous-même un regard bienveillant et amical ?

Fuir la perfection

Elle est notre pire ennemie. Elle nous amène à nous juger en permanence et crée de l’insatisfaction, de la culpabilité et de la honte. À force de chercher à être parfaites, nous avons le sentiment d’échouer et, à la longue, nous perdons notre confiance en nous et notre estime de soi. Nous nous autopersuadons que nous ne sommes « pas assez ». Nous refusons nos fragilités que nous assimilons à tort à de la faiblesse. En fait, nous sommes justes faillibles. Plus vite nous l’acceptons, plus vite nous arrêtons de nous sentir coupables pour un oui ou pour un non.

Porter de l’attention à son corps

C’est notre partenaire de vie le plus précieux. Prenons-en soin et développons avec lui une relation de douceur, d’empathie, à chaque âge de la vie. Plus vous vous regarderez avec douceur et affection, plus vous serez à son écoute, plus vous comprendrez les besoins de votre corps. Acceptez vos nouvelles fragilités, vos nouvelles vulnérabilités, vos nouveaux repères corporels. Acceptez-les pour faire de votre corps votre meilleur compagnon de route. Inutile d’entrer en conflit avec lui, cela ne fera que rendre plus difficiles les ajustements dus aux bouleversements hormonaux quels qu’ils soient (grossesse, ménopause).

« Accueillons nos nouveaux repères corporels avec sollicitude et empathie. »

Certains matins, nous pouvons avoir l’impression que nos vêtements rétrécissent plus rapidement au lavage, que nos muscles ont tendance à se ramollir, que notre énergie n’est pas au top… Plutôt que d’entrer en guerre contre notre corps et en colère vis-à-vis de nous, je vous propose d’adopter la douceur, la gentillesse et l’humour.

Commençons par nous regarder dans le miroir sans nous scruter ni chercher le défaut.

Observons-nous telles que nous sommes avec lucidité et affection. Portons de l’attention à ce corps qui nous accompagne fidèlement et qui ne mérite ni colère ni amertume. Qu’est-ce que nous aimons ? Qu’est-ce qui nous gêne ? Que souhaitons-nous changer ? Qu’est-ce qui paraît réaliste ?

  • Perdre du poids ? C’est possible à condition de se fixer un objectif réaliste et atteignable et d’être prête à faire des efforts sur le long terme, à savoir adopter une hygiène de vie vertueuse en adaptant son alimentation et son activité physique.
  • Effacer certaines rides et retrouver une peau plus ferme, un ovale mieux dessiné ? Là aussi c’est possible, en adoptant les bons protocoles de soins et en mettant en œuvre une prévention active : pas de soleil sans SPF, arrêt du tabac et du sucre et consommation modérée d’alcool.
  • Retrouver de l’énergie et de l’optimisme ? C’est possible en travaillant sur soi pour apprivoiser ses émotions, ses vulnérabilités et fragilités.

En revanche, débarrassez-vous le plus vite possible des souhaits irréalistes créateurs de frustrations du type :

  • choisir un poids très bas jamais atteint auparavant. Le corps a une mémoire qui bloque notre poids à des paliers qu’il connaît par peur de la famine ;
  • s’imaginer avec des centimètres en plus ou avec une chevelure de lionne que vous n’avez jamais eue ;
  • chercher à effacer ses rides sans avoir recours à la médecine ou à la chirurgie esthétique. Les crèmes miracles n’existent pas. Elles peuvent améliorer la qualité de la peau mais pas repasser, lisser les traits.

Archétype n° 4 : la transition du milieu de vie

Ce moment semé de doutes où tout devient un peu confus, où on se sent déstabilisée, remise en question. Ce moment arrive souvent aux alentours de la cinquantaine. Ces fameux 50 ans qui apparaissent comme un tournant, un moment de bascule où l’on a le sentiment que rien ne sera plus comme avant. On se sent plus fragile, plus vulnérable et remplie de questionnements et d’inquiétudes.

50 ans, oui, c’est un cap.

Une zone de turbulences plus ou moins fortes et plus ou moins agréables, mais ce n’est LA FIN DE RIEN, si ce n’est des faux-semblants et des pensées limitantes qui nous ont beaucoup accompagnées jusque-là. Comme l’écrit le docteur Christophe Fauré dans Maintenant ou jamais ! La transition du milieu de vie,  c’est « une nouvelle étape de notre développement en tant qu’être humain. Comme toutes les étapes de notre vie, elle nous affecte du point de vue physique, psychologique, relationnel et spirituel. Nous pouvons la traverser avec conscience, pragmatisme et intelligence comme nous pouvons nous y perdre et y errer pendant longtemps ».

« Accepter le questionnement et les remises en cause »

50 ans, c’est une étape, avec des franchissements intimes et professionnels. C’est un pivot qui nous amène à de nombreuses remises en question. On ne peut pas s’empêcher de faire un bilan, ou plutôt un point d’étape. Qu’est-ce que j’ai accompli ? De quoi je suis fière ? Quels sont mes regrets ? Mes désirs ? Mes envies ? Mes manques ? Mes questions ? Mes doutes ?

Ça tourbillonne dans nos têtes et c’est normal. Nous nous sentons déstabilisées et un peu vulnérables, moins sûres de nous, assaillies de questions et de doutes. Surtout si tous nos mondes, personnel et professionnel, se mettent à bouger en même temps, ce qui est souvent le cas.

La seule solution est d’accepter tout ce remue-ménage. Surtout ne pas nous crisper sur le passé que nous aurons tendance à glorifier ou survaloriser par crainte de l’inconnu, de ce que nous ne connaissons pas. Ces questionnements sont positifs à terme, car ils vous permettront de mieux définir, cerner, construire les chapitres suivants.

Il n’y a pas d’âge pour…

… prendre le temps de travailler sur soi

À tout moment de sa vie, on peut mettre à jour voire faire un reset de ses logiciels personnels et professionnels. C’est le moment de mettre sur la table tous les sujets petits ou grands que l’on a eu tendance à glisser sous le tapis par confort ou refus de l’inconnu. S’accorder le temps du travail sur soi quelle que soit la méthode choisie pour apprendre à gérer ses émotions et ne plus se sentir dépassé par elles. Travailler sur soi, descendre tel le spéléologue dans les arcanes de ses ombres, les mettre en lumière pour les apprivoiser et les démystifier. Travailler sur soi pour apprendre à naviguer sur les vagues de sa vie.

… saisir l’opportunité de s’aligner avec qui l’on a envie d’être et là où l’on veut aller

Si l’on cherche à qualifier ce que représente prendre de l’âge, c’est l’idée qu’il n’y a plus de temps à perdre, que le temps est précieux et que l’on doit en chérir précieusement chaque instant. C’est aussi prendre conscience que c’est le moment de se faire plaisir à soi-même en premier, de ne plus faire passer les autres avant soi (famille, enfants, mari…).

Faire de soi sa priorité n° 1 pour se donner l’opportunité de rencontrer la personne que l’on a envie d’être versus celle qui a été façonnée par l’extérieur et ses attentes. Assez d’être un bon petit soldat répondant aux désirs qui ont été projetés sur soi par ses parents, son éducation, son milieu social, ses revanches et combats !… Le temps est venu de laisser à la personne que l’on a envie de devenir l’opportunité de se réaliser, d’éclore.

… prendre possession de son âge

L’âge, s’il est subi comme un fardeau, un poids, empêche d’aller de l’avant, devient une limite. Parler de soi au passé, c’est s’enfermer progressivement dans une version nostalgique de soi. C’est chercher à perpétuer le passé et, chemin faisant, fermer les univers des possibles. C’est oublier que l’âge est un mouvement transformateur perpétuel. Il ouvre et ne ferme pas, il agrandit l’espace de jeu du soi. Alors que l’âgisme tend à faire de l’âge une boîte qui enferme et limite.

Je refuse d’être réduite à mon âge, qui n’est qu’un indicateur parmi d’autres. Prendre possession de son âge, c’est décider de l’habiter, de vivre dans son âge comme on vit dans sa maison. Ça dit le fait de bien l’occuper, de l’entretenir, d’en prendre soin, de le posséder et surtout de l’aimer. Prendre possession de son âge, c’est un nouveau logiciel à engrammer dans nos cellules. C’est un message puissant qui dit son alignement intérieur, sa présence à soi, à son corps et sa volonté de coopérer avec soi-même.

… décider du regard que l’on va porter sur l’âge

Il est capital, ce regard, en ce sens qu’il conditionne notre rapport à l’âge et la façon de vivre les situations. Si notre regard est trop dépendant de l’extérieur, de ces fameux « autres » auxquels nous nous comparons et qui projettent sur nous leurs propres limites que nous faisons nôtres, alors les « autres » deviennent les étalons de mesure de ce que nous pensons de nous-mêmes. Quand nous arrêtons de nous comparer aux autres, nous nous autorisons à arrêter de nous juger, de nous évaluer par rapport aux autres.

Moi, je considère l’âge comme une chance, et je le regarde ainsi car je préfère mille fois être vivante qu’être jeune. Cessons de confondre les deux. L’âge est un cadeau et non un fardeau. L’âge nous donne la liberté de vivre pleinement affranchis de nos devoirs, de nos pudeurs, des logiques de démonstration et de preuves de notre valeur…

… privilégier les récits alternatifs positifs sur l’âge et s’entourer d’icônes inspirantes

L’âge est un fait social que nous bâtissons ensemble. Il est avant tout une perception, celle que me renvoie l’autre dans le regard qu’il porte sur moi. À nous de décider collectivement de mettre à mal les préjugés et les archétypes à propos de l’âge des femmes (davantage stigmatisé que celui des hommes). À nous de refuser l’âgisme et sa cohorte d’associations négatives.

Je mesure déjà le chemin que nous avons parcouru ensemble. Notamment pour dénoncer l’invisibilisation des femmes de 50 ans et plus dans le monde professionnel, médiatique, artistique… Même si le chemin est encore long, les premiers effets se font sentir. Tous les angles pour mettre à mal l’âgisme sont bons. Que cela soit celui du droit aux cheveux blancs (merci à Sophie Fontanelle), du droit à la représentation des corps de femmes mûres (merci à Caroline Ida), du droit de se vêtir selon son bon plaisir (merci à Nathalie Garçon), du droit à la beauté longue durée avec ou sans médecine esthétique…

L’âge a de moins en moins le pouvoir de nous définir tout simplement parce que nous avons le contrôle de notre âge biologique. Nous avons besoin de femmes inspirantes qui osent se mettre en scène et parler ouvertement de l’âge sans tabous ni préjugés. Des femmes comme vous et moi, des femmes « normales » qui vivent dans « la vraie vie ».

… pour tenir tête aux normes…

… et à tous ceux et celles qui nous disent ce que nous ne pouvons plus ou pas faire, en fonction de notre âge. Affranchissons-nous des « il faut que… », « on ne doit plus, on ne peut plus… ». Osons tout ce qui nous fait envie, plaisir. Autorisons-nous à dire à voix haute « j’ai envie de… ».

… pour oublier sa « génération » et lui préférer sa « communauté émotionnelle »

Nous ne sommes pas définis par notre âge. Il est juste un indicateur chronologique qui nous situe dans un espace-temps, rien de plus. L’âge ne détermine en rien nos pensées, actions, envies, désirs, capacités, potentiels… Je refuse de me laisser enfermer dans une boîte toute prête avec son cortège d’archétypes associés : ni silver, ni seniors, ni quinquas ou je ne sais quoi encore ! Je revendique juste d’être moi-même et je me l’autorise sans demander aucune permission.

Mon Mantra : Avoir la curiosité du monde !

Mes 4 best-of pour être bien dans mon âge

  1. Je m’affranchis du regard des autres.
  2. Je fais (enfin !) ce que je veux.
  3. J’apprends à dire non.
  4. Je m’entoure de personnes d’âges très différents, je mélange les générations.

 

 

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