Microbiote intestinal, l’équilibre invisible de notre bien-être

Microbiote intestinal, l’équilibre invisible de notre bien-être

Avez-vous déjà entendu parler de la flore intestinale ? Ou plus exactement, du microbiote intestinal ? Derrière ce nom se cache tout un écosystème de micro-organismes, qui vivent dans nos intestins pour nous assurer un organisme en bonne santé. Comment fonctionne le microbiote intestinal ? Quel est son rôle dans notre organisme ? Comment en prendre soin ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur le microbiote intestinal.

Microbiote intestinal : de quoi s’agit-il ?

Notre système digestif est aussi complexe que surprenant. Il est peuplé par près de10 000 milliards de bactéries, champignons et levures, qui vivent en communauté. Cela représente près de 2 kg de micro-organismes dans notre système digestif.

Cet ensemble de micro-organismes constitue notre microbiote intestinal. Vous avez peut-être déjà entendu parler de flore intestinale ? Les deux termes désignent ce même ensemble de bactéries. Aujourd’hui, la communauté scientifique considère le microbiote intestinal comme un organe à part entière.

Comment se forme notre microbiote intestinal ? 

Notre microbiote intestinal se forme dès la naissance. Lors de l’accouchement, le microbiote se constitue à partir de la flore vaginale pour les naissances par voie basse. Et à partir des micro-organismes de l’environnement pour les naissances par césarienne. Le microbiote intestinal se développe ensuite au contact des proches, au fil de la diversification alimentaire, de l’environnement, mais aussi selon l’hygiène et le patrimoine génétique.

Après les premières années de vie, la composition du microbiote est relativement stable. Elle peut connaître des perturbations (traitements médicaux, changement hormonal, modification de l’hygiène de vie), mais elle ne connaît pas d’évolution aussi substantielle que durant nos premières années. Néanmoins, une étude menée en 1992 sur l’évolution du microbiote selon l’âge, laisse à penser que le microbiote intestinal connaîtrait une nouvelle maturation autour de nos 65-70 ans.

Comment fonctionne le microbiote intestinal ?

Le microbiote intestinal ne s’établit pas de manière homogène dans l’ensemble du système digestif. Il se localise principalement dans l’intestin grêle et dans le côlon. L’estomac est un environnement trop acide pour le développement des micro-organismes. Ces derniers logent sur les parois intestinales, protégées par le biofilm formé par le mucus intestinal, afin que les micro-organismes ne soient pas entraînés par le transit.

Les études menées sur le microbiote intestinal par l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) ont permis d’identifier 160 espèces de bactéries différentes, parmi les 10 000 milliards de micro-organismes qui peuplent notre système digestif. Ces différentes espèces vivent en communauté, avec des bactéries bénéfiques à notre santé, et d’autres bactéries à l’impact néfaste. Un bon microbiote intestinal doit ainsi avoir un bon équilibre, avec une grande majorité de bonnes bactéries et une grande variété de micro-organismes.

Quel est le rôle du microbiote intestinal dans notre organisme ?

Il remplit de nombreuses fonctions pour le bien-être de notre organisme !

Il intervient dans la digestion des aliments.

Le microbiote fermente les résidus alimentaires non-digestibles dans le côlon. Il nous permet d’assimiler certains nutriments et de synthétiser les acides gras à chaînes courtes ainsi que les vitamines K, B12 et B8 indispensables à notre santé. Le microbiote régule également l’absorption des acides gras, du calcium, ou encore du magnésium.

Et protège notre système digestif

Le microbiote  colonise le système digestif et prend ainsi l’espace qui pourrait autrement servir au développement de cellules pathogènes. Il opère un tri naturel entre les micro-organismes bénéfiques et ceux qui peuvent être néfastes pour la santé. Il contribue au maintien d’une muqueuse intestinale en bonne santé car il assure un double rôle :

  • d’absorption des nutriments
  • et de barrière à l’invasion de substances pathogènes, irritantes ou allergènes.

Le microbiote aide notre système immunitaire à se développer et à fonctionner correctement.

80% de notre immunité est sont fabriqués dans et par le microbiote. Il joue un rôle capital dans notre résistance aux infections, virus et bactéries.

Pourquoi dit-on que c’est notre deuxième cerveau ?

Des chercheurs ont permis de mettre en évidence la présence de neurones dans notre intestin, indirectement liés avec le microbiote intestinal. On compterait environ 500 millions de neurone  dans notre intestin, constituant ainsi un système nerveux à part entière : le système nerveux entérique.

Il s’agit du second système nerveux de l’organisme, d’où le nom de « deuxième cerveau ». Concrètement, ces neurones présents dans nos intestins échangent de manière continue avec les neurones du cerveau, via les voies sanguines, mais surtout par le nerf vague, pour transmettre tout un tas d’informations.

Le nerf vague, clé d’accès de l’axe intestin-cerveau

Il relie directement les systèmes nerveux de notre système digestif et de notre cerveau. Les interactions de notre microbiote intestinal avec notre intestin utilisent la voie nerveuse pour envoyer des signaux à notre cerveau et permettre d’informer notre cerveau de notre « santé digestive ». Ainsi de nombreuses informations, régulant certaines fonctions motrices, sensitives, sensorielles et végétatives (les mécanismes autonomes de notre organisme) sont échangées entre l’intestin et le cerveau.

Comme le dit Giulia Enders, autrice du livre « Le charme discret de l’intestin, tout sur un organe mal aimé » : « Le cerveau a besoin d’informations pour savoir comment le corps interagit avec son environnement […] L’intestin est un conseiller très important pour lui, une sorte d’informateur. »

Dans son livre, elle  affirme que 90 % de l’activité observée sur le nerf vague va dans le sens intestin-cerveau, et non dans le sens inverse.

Les intestins, et notamment le microbiote intestinal, informent ainsi le cerveau de son activité pour réguler l’organisme. Une étude de l’INSERM montre, par exemple, que les micro-organismes pourraient transmettre au cerveau la sensation de satiété. Ils indiqueraient aussi le sentiment de faim pour signaler le besoin de nourrir l’organisme. Il y a ainsi une connexion constante entre intestin et cerveau.

L’intestin, notre cerveau émotionnel

S’il semble logique que notre intestin informe le cerveau de notre activité digestive, il semble plus surprenant qu’il agisse sur nos émotions et notre activité cérébrale. Et pourtant, c’est bien le cas. De nombreuses publications scientifiques montrent que le microbiote intestinal envoie des signaux au cerveau, via le système nerveux entérique, qui peuvent jouer sur notre humeur, ou induire du stress.

De plus, il a été mis en évidence que 95 % de la sérotonine présente dans notre corps est émise par l’intestin et transmise au cerveau. Ce neurotransmetteur est aussi connu sous le nom « d’hormone de la sérénité », puisqu’il impacte et régule notre humeur, nos émotions, et notre niveau de stress.

Un rôle dans notre sensibilité au stress

Cet exemple de la sérotonine nous montre que les différentes substances produites par l’intestin peuvent guider nos réactions émotionnelles.

En cas de stress, les échanges intestin-cerveau vont dans les deux sens. Les intestins envoient des signaux qui induisent du stress, le cerveau intègre l’information et pilote la réaction physiologique. Il renvoie le message à l’intestin, provoquant un ralentissement du transit, qui peut entraîner un inconfort intestinal et un déséquilibre de la flore.

Pourquoi faut-il prendre soin de son microbiote intestinal ?

Le microbiote intestinal est un acteur phare de notre santé. Si le microbiote intestinal est équilibré, cela aura une influence sur le transit et notre immunité. Lorsque le microbiote est déséquilibré, les micro-organismes bénéfiques ne sont plus qu’en faible majorité face aux micro-organismes néfastes. Cela peut se traduire par un transit difficile : ballonnements, flatulences, transit ralenti ou accéléré, spasmes digestifs. Heureusement, il est tout à fait possible de prendre les devants et d’améliorer son bien-être intestinal.

De bonnes habitudes alimentaires pour prendre soin de sa flore intestinale

Pour prendre soin de sa flore intestinale, une alimentation équilibrée et variée est indispensable. Plus votre régime comprendra des aliments de différentes familles, apportant de nombreux nutriments différents, plus votre microbiote intestinal sera riche en bons micro-organismes. Misez sur les bons types d’aliments, c’est-à-dire, les fruits et les légumes, ainsi que les aliments riches en fibres.

Les bons réflexes pour retrouver votre bienêtre intestinal.

● Si vous avez la sensation de satiété dès le début du repas, que vous avez l’estomac lourd, une sensation de nausée :

  • éliminez les aliments industriels saturés en acides gras trans
  • et le sucre raffiné : farines blanches, gâteaux, viennoiseries, …
  • limitez les repas trop riches en graisses et trop copieux,
  • les plats épicés
  • la prise de boissons alcoolisées, gazeuses, ou de café.
  • prenez vos repas à heure fixe, en prenant le temps de mâcher les aliments
  • manger calmement,
  • hydratez-vous bien (on recommande 1,5 litres d’eau par jour en moyenne).

● Si vous êtes régulièrement gêné par des ballonnements et des gaz : au-delà des recommandations données ci-dessus, vous pouvez également tenter d’identifier ce qui ne vous convient pas dans votre régime. Mon conseil : consultez  un diététicien/nutritionniste (veillez à ce que la personne soit médecin) pour faire un bilan de votre alimentation en fonction de votre métabolisme.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *