Ménopause une transition, pas une condamnation !

Ménopause une transition, pas une condamnation !

Longtemps entourée de silence, d’évitements, de honte ou de peurs, la ménopause a souvent été présentée comme la fin de quelque chose, comme un point final.  La fin de la jeunesse, de la féminité, du désir, et parfois même la fin de la valeur d’une femme. Ne pouvant pus enfantée, elle perdait son utilité sociale. Cette vision est évidemment fausse et discriminatoire. La ménopause n’est pas une condamnation.

La ménopause est une transition.

Biologique, émotionnelle, existentielle, elle amène à un nouvel équilibre. La ménopause est une étape naturelle, pas une maladie. Elle n’est ni une anomalie ni une pathologie. 100% des femmes vivantes de plus de 50 ans vont traverser la ménopause.

La ménopause est une étape naturelle.

C’est un processus physiologique aussi naturel que la puberté. Le corps se réorganise. Les hormones se redéfinissent. L’énergie circule autrement. Ce n’est pas une défaillance du corps féminin, c’est sa métamorphose.

Comme à chaque grande étape de la vie, elle demande compréhension, adaptation et bienveillance envers soi-même.

Oui, la ménopause peut engendrer des inconforts

Bouffées de chaleur, troubles de l’humeur et du sommeil, appétit qui change, … ces symptômes signalent un passage, une adaptation du corps face à la nouvelle donne hormonale. Chaque femme vit sa ménopause de façon unique. Nous n’avons pas toutes les mêmes symptômes ni toutes la même histoire médicale.

Prendre sa santé et sa ménopause en main.

Bien vivre sa ménopause, c’est l’anticiper. Nous avons qu’elle va arriver. Et elle n’arrive pas d’un seul coup. La pré-ménopause ce sont les années de variations des cycles qui commencent en général autour de 45 ans. Quand vos cycles commencent à devenir irrégulier, écoutez votre corps, soyez attentive aux signaux. Notez vos cycles, cela permettra à votre gynécologue de poser un diagnostic plus fin.

Faire ses bilans de santé régulièrement.

Santé osseuse, bilan cardio-vasculaire, suivis gynécologiques (seins, ovaires, utérus), plus vous serez rigoureuse dans votre suivi médical, plus vous pourrez gérer votre ménopause de la façon la plus adaptée à votre cas. Il n’y a pas de pilule magique et ce qui fonctionne pour vous ne fonctionnera pas forcément pour votre meilleure amie. Nous avons toutes des antécédents particuliers.

Non, on n’est pas obligé de prendre du poids à la ménopause.

C’est faux à partir du moment où on gère son alimentation et où on comprend que le corps a des besoins qui changent. Plus vous respecterez la chronobiologie de votre corps, ses besoins en protéines et de mouvements, plus vous éviterez la prise de poids.

A quoi est-elle due cette prise de poids ?

FACTEUR N°1 : Notre métabolisme de base, c’est-à-dire le nombre de calories brûlées au repos, a tendance à diminuer avec l’âge. Nos cellules brûlent spontanément moins d’énergie. Donc si on continue à se nourrir comme à 20 ans, les calories non brûlées s’accumulent et on prend du poids. Le sport permet d’inverser cette tendance et de relancer le métabolisme de base. Plus vous bougez, plus vous consommez de l’énergie et moins vous stockez.

FACTEUR N°2 : Avec l’âge, nos muscles fondent, c’est ce qu’on appelle la sarcopénie, au profit de la masse grasse. Là aussi, cette tendance peut s’inverser en pratiquant du renforcement musculaire. Plus on pratique, plus on fabrique du muscle qui est un gros consommateur de calories et de sucre.

FACTEUR N°3 : La résistance à l’insuline quand on consomme trop de sucres. Le sucre raffiné est un poison pour la santé. Tous les médecins s’accordent à le dire. Plus vite, vous couperez les desserts, les friandises, les viennoiseries, les farines blanches, les bonbons, … plus vous stabiliserez votre poids et éviterez  de développer de la résistance à l’insuline, voire du diabète de type II.

FACTEUR N°4 : La sédentarité est l’ennemi de la bonne santé. Moins vous bougez, plus vous réduisez votre espérance de vie en bonne santé. Cela veut dire intégrer du mouvement dans votre vie de tous les jours. Du sport bien sûr et du mouvement quotidien : fuir les ascenseurs, descendre une station de métro avant, se garer quelques rues avant sa destination, multiplier le plus possible les occasions de bouger.

Le corps a besoin d’être compris et accompagné.

Votre corps va s’adapter à la nouvelle donne hormonale et il a besoin d’un coup de main.

Adopter le decrescendo alimentaire

Notre corps a sa chronobiologie. Autrement il a des besoins énergétiques qui varient en fonction des moments de la journée.

  • le matin optez pour un petit déjeuner salé avec des protéines : fromage, oeuf, jambon, … c’est le moment où faire le plein d’énergie. Évitez le sucre qui va créer un pic d’insuline, déclencher des fringales à 11h du matin et l’envie de sucre.
  • le déjeuner c’est le moment de faire le plein de protéines. Nous en consommons trop peu et pour notre corps les protéines sont des briques indispensables au fonctionnement de notre métabolisme. Animales ou végétales, peu importe mais des protéines pour préserver la masse musculaire.
  • le dîner, le plus léger et le plus tôt possible. Le soir le corps n’a pas besoin d’énergie. Bien au contraire, il a besoin de repos digestif pour permettre aux organes de faire leur travail d’épuration et d reconstruction pendant la nuit. A partir de 18h, le foie se met en mode veille et se prépare au repos. Si on fait un dîner riche en gras, lourd et alcoolisé, on va forcer le foie à travailler alors qu’il est censé se reposer. Résultat, des réveils vers 2-3H du matin et une fonction métabolique contrariée. Privilégier un dîner avant 20H avec une soupe de légumes, des légumes et des fruits cuits, faciles et rapides à digérer.

Que privilégier dans son alimentation ?

  • les aliments riches en calcium et en vitamines D : produits laitiers de chèvre ou de brebis, eaux riches en calcium, légumes verts, amandes, tofu, poissons gras ( sardines maquereaux, …)
  • les protéines : poissons, oeufs, viandes blanches, légumineuses, céréales complètes ou semi-complètes
  • les aliments riches en fibres (légumes, fruits frais, légumineuses, céréales complètes, graines de chia,…) pour réguler le transit, diminuer l’appétit, prévenir le cholestérol.
  • fuir la nourriture industrielle ultra transformée riche en sucres cachés, graisses saturées, sel, … qui majorent les risques de prise de poids et les risques cardio-vasculaires.
  • hydratez-vous suffisamment : boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour pour compenser la sécheresse liée aux variations hormonales et prévenir les bouffées de chaleur.

La ménopause, le moment de reprendre le pouvoir

Accueillir la ménopause comme une transition, c’est reprendre son pouvoir. C’est décider que cette étape ne sera ni une fin ni une fatalité mais une ouverture. Une invitation à mieux se connaître, se respecter, à vivre pleinement ces années.

Refusez la confusion être femme et être mère.

Ce sont 2 états bien différenciés. La superposition des rôles apporte une confusion dans la construction du féminin, de son être femme. La maternité n’est ni obligatoire ni l’étalon de mesure de l’être femme. On peut être femme sans avoir le désir d’être mère. Le fait d réduire le féminin à la procréation instille dans la tête des femmes une équation assez néfaste qui pose que pour être une femme il faut être en capacité d’être mère. Autrement dit, quand nos règles s’arrêtent nous cessons d’être des femmes à part entière.

C’est évidemment faux.

A la ménopause, nous restons des femmes à part entière.

La seule chose qui s’arrête ce sont les règles et ça franchement ce n’est pas grave. Ce n’est pas la partie la plus sympa de l’être femme. Plus vous réussirez à dissocier être femme et être mère, plus vous traverserez facilement la ménopause. Vous ne questionnerez pas votre féminité de la même façon car elle ne sera pas reliée à votre capacité de reproduction.

La ménopause est une aventure transformatrice qui peut être épanouissante.

A partir du moment, où vous la préparez, où vous l’anticipez de façon à ne pas subir. Oui notre corps doit s’adapter à une nouvelle donne hormonale. Il a les capacités de le faire à partir du moment où vous choisissez une hygiène de vie qui l’aide, qui l’accompagne. Préparez sa ménopause, c’est se donner les moyens de la traverser le plus confortablement possible.

Oui, il y a des exceptions en fonction de vos antécédents médicaux, de votre état de santé au moment où vous entrez en péri-ménopause. Le plus tôt, vous prendrez en main votre santé, meilleures sont vos chances de la traversez sereinement.



1 thought on “Ménopause une transition, pas une condamnation !”

  • Merci pour cette lecture inspirante. J’aime profondément la manière dont vous redonnez sa place à cette étape du cycle féminin, souvent abordée sous l’angle de la perte alors qu’elle peut devenir un vrai chemin de recentrage.

    Je me permets juste une petite nuance : vous mentionnez que la ménopause, au fond, n’est “que l’arrêt des règles”, et que celles-ci ne représentent pas toujours la partie la plus agréable de notre vie de femme. C’est vrai pour beaucoup — et je le constate aussi dans ma pratique — mais j’observe tout autant à quel point le cycle, lorsqu’on apprend à le lire et à l’habiter, devient une source précieuse de compréhension de soi, d’intuition et d’alignement. Cette conscience-là nourrit d’ailleurs une transition vers la ménopause beaucoup plus douce et signifiante.

    Votre regard met en lumière cette dimension intérieure, et cela résonne profondément avec ce que j’explore et transmets au quotidien dans l’accompagnement des femmes en préménopause et ménopause.
    Ravie d’avoir croisé votre article — il ouvre de belles perspectives… et sans doute de belles résonances entre nos approches.

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