Bien-être

La reconversion professionnelle mode d’emploi

13 mars 2024

Il n’y a pas d’âge pour changer de vie. Je vous assure que c’est vrai. La plus grande aventure que vous puissiez entreprendre, c’est de vivre la vie dont vous rêvez. C’est d’être la personne que vous rêvez de rencontrer. Et plus on avance en âge, plus on a envie de le faire, plus on sent l’urgence de sortir des faux-semblants qui nous pèsent.

Comment le faire ? Comment rebondir ? Oser se renouveler ? Trouver le courage de dépasser ses peurs et se jeter dans le grand bain de la nouveauté ?

Une seule méthode pour y arriver : tenir tête aux normes et à tous ceux qui nous disent ce que nous ne pouvons pas faire.

Prendre de l’âge n’est pas un problème. C’est la façon dont on le regarde qui l’est.

Le regard que l’on porte sur l’âge conditionne complètement notre façon de le vivre, de l’envisager, de le projeter. Je considère l’âge comme une vraie chance, une bénédiction. C’est magnifique d’être vivant, bien davantage qu’être jeune, qui n’est qu’une étape de la vie. Pourquoi en faire l’étalon de mesure de tout ? C’est absurde et cela relève d’une confusion. La jeunesse est un état d’esprit avant d’être un état physique. Ne les confondons plus.

Proposons au contraire des récits alternatifs positifs qui montrent que l’on peut prendre de l’âge sans forcément devenir vieille ou vieux. Je suis sincèrement convaincue que notre âge a de moins en moins le pouvoir de nous définir et de nous délimiter. Dans son ouvrage Les Fleurs de l’âge (Flammarion), Josiane Asmane dit de l’âge « qu’il est démodé ». Quant à mon amie Perla Servan-Schreiber, elle revendique fièrement dans son dernier ouvrage, du haut de ses 78 ans, que « vieillir c’est vivre ». Elles ont tellement raison toutes les deux.

Pour autant, les mentalités sont ce qu’elles sont, et le combat de désenclavement de l’âge ne fait que commencer. Soyons-en les pion- niers. Refusons l’invisibilité à laquelle nous sommes astreints.

Pour réussir son changement de vie, il y a quelques principes à intégrer et à suivre.

La préparation est importante

Changer de vie sur un coup de tête, juste parce que notre patron nous insupporte ou que nous ne savons plus quel sens donner à ce que nous faisons, peut s’avérer aventureux dans un contexte professionnel qui ne valorise pas forcément la mobilité. Voici quelques questions à vous poser pour vous aider sur ce chemin que j’ai moi-même parcouru.

Pourquoi voulez-vous changer de vie ?

La première question est le « pourquoi ». Volontairement, je n’ajoute ni « professionnelle » ni « privée » derrière le mot « vie », car nous sommes une et même personne, nous ne nous séparons pas en une personne professionnelle et une personne privée. Changer de métier ou d’activité est une chose, changer de vie peut aller de pair ou pas avec ce change- ment. Tout dépend de l’ampleur que vous souhaitez donner au change- ment. Changement de job ? De métier ? Région ? Pays ? Besoin d’acquérir des compétences complémentaires ou pas ? De formation ?

Tout projet de changement de vie, que cela soit une reconversion professionnelle ou une volonté de changement de vie plus drastique, commence par un travail introspectif dont l’objectif est de répondre à la question « pourquoi je veux faire ça ? » Quel est le sens profond de ma démarche ? Nous trouvons de la satisfaction dans notre vie quand elle est connectée à notre « pourquoi », au sens profond et supérieur qui nous anime, nous motive, nous entraîne.

Quelques questions clés pour vous aider à préciser votre « pourquoi » :

  • Qu’est-ce qui me motive pour me lever le matin ?
  • Quand est-ce que je donne le meilleur de moi-même ?
  • Qu’est-ce qui me rend unique, différent aux yeux des autres ? Et à mes propres yeux ?
  • Qu’est-ce qui me nourrit ?
  • Où réside ma singularité ?

Quelle est l’émotion sous-jacente à ce désir de changer de vie ?

Fermez les yeux, concentrez-vous sur ce que vous ressentez dans votre corps. Quelle est l’émotion dominante ? Est-ce une émotion positive qui vous pousse à aller de l’avant, un « oui » à une proposition, une oppor- tunité, une ouverture, ou au contraire une émotion négative liée à une perte, à une porte qui se ferme, à un refus, un rejet, une peur ? Est-ce un changement voulu ou subi ?

Ce travail préparatoire est très important, en ce sens où il va vous per- mettre de définir le plus précisément possible votre plan d’action. Oui, vous avez besoin de planifier votre changement de vie pour mettre le maximum de chances de votre côté.

Dans quel contexte intervient ce changement de vie ?

Avez-vous une vie trop répétitive ? Vous ennuyez-vous ? Avez-vous perdu le sens de vos actions ? Vous sentez-vous à côté de la vie dont vous rêvez ? Avez-vous le sentiment de passer à côté de la personne que vous souhaitez être ? Peut-être tout simplement vous sentez-vous étouffé et avez-vous l’impression de vous éteindre à petit feu dans une existence trop réglée, trop répétitive, ennuyeuse ? Quelles que soient la ou les raisons pour les- quelles vous souhaitez changer de vie, il est toujours possible de le faire.

Quelle est votre situation personnelle et professionnelle ?

Vivez-vous seul ou pas ? Votre conjoint, compagnon a-t-il des ressources stables et régulières qui pourront compenser votre baisse de revenus ? Est-ce un projet partagé ou pas dans votre couple ? Quelles sont vos ressources financières ? Combien de temps pouvez-vous tenir sans tra- vailler ? À quoi allez-vous devoir renoncer dans votre mode de vie ?

Il est important d’aborder un changement de vie avec un maximum de lucidité et de détermination en faisant un examen le plus rigoureux possible de sa situation.

Je vous propose un exercice tout simple : le SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats, c’est-à-dire Forces, Faiblesses, Opportunités, Risques).

Il consiste à prendre une feuille de papier et à la diviser en 4 carrés dans lesquels vous allez lister :

  1. Vos forces : qu’est-ce que je sais faire ? Quelles sont mes compétences qui sont valorisées aujourd’hui sur le marché du travail ?
  2. Vos faiblesses : que me manque-t-il pour (re)trouver un job : for- mations, réseaux, situation géographique…
  3. Les risques de ce changement de vie : perte de niveau de vie, surface de l’épargne disponible, attitudes/réactions de la famille, compétences importantes à acquérir…
  4. Les opportunités offertes par ce changement de vie : donner vie à une passion, changer de job pour aller vers quelque chose de plus attirant, clore une relation de travail et/ou de couple insatisfai- sante, me surprendre, être fier de moi…
  • Il vous servira à clarifier votre projet de vie :
    Souhaitez-vous rester salarié en changeant d’entreprise unique- ment, en changeant de secteur d’activité ou de poste
  • Lancer votre entreprise ?
  • Devenir free-lance ?
  • Changer de pays et d’activité ?

Autant de questions importantes à traiter pour bien établir le cadre de votre changement de vie.

Ne pas avoir peur d’échouer

L’échec, le grand mot qui fait mal, est lâché. Souvent, nous faisons un amalgame entre « rater quelque chose » et « être un raté ». Nous associons l’échec de notre projet à l’échec de notre personne. Ce qui est faux bien sûr, car pour reprendre les mots de Charles Pépin dans son remarquable ouvrage Les Vertus de l’échec, « l’échec n’est pas celui de notre personne, mais celui d’une rencontre entre un projet et un environnement. Évidemment, il faut chercher à savoir pourquoi cette rencontre s’est mal passée. Peut-être étions-nous en avance sur notre temps ? Peut-être notre projet comportait des défauts ? Nous devons assumer notre échec sans nous identifier à lui. L’échec nous fait mal car il vient fissurer notre carapace identitaire, notre image sociale, l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes. Nous perdons soudain nos repères ».

Apprendre à oser !

Sans acceptation du risque, il est impossible d’oser, d’avoir de l’audace. Comment rebondir, changer d’orientation, si la peur de l’échec nous téta- nise et la prise de risque nous paralyse ? Où trouver la force d’agir malgré la peur ? Ceux qui réussissent transforment la peur en moteur et font de la compétence, de l’expérience leurs atouts pour réduire le risque.

Continuons avec Charles Pépin : « L’audace est un résultat, une conquête, on ne naît pas audacieux, on le devient. Il faut être compé- tent pour dépasser sa compétence et se découvrir capable d’audace. Voilà la première condition de l’audace ; avoir de l’expérience, accroître sa compétence, maîtriser sa zone de confort pour oser en sortir et faire le pas de plus. Apprendre à oser, c’est apprendre à ne pas tout oser, à oser quand il le faut, lorsque les nécessités de l’action exigent ce saut au-delà de ce que nous savons. Pour réussir à oser, il faut ne pas être trop perfectionniste. »

Le bon tandem de la reconversion professionnelle : lucidité et détermination

Lucidité pour…

  • Comprendre les logiques du marché du travail sur lequel vous opé- rez ou souhaitez vous développer sans illusion ni excès de pessimisme. — Laisser le passé derrière vous, même si vous l’aimez bien, votre passé.
  • Utiliser le SWOT pour avoir une vision claire de vos forces, de vos aptitudes et des efforts que vous êtes prêt à faire.
  • Définir votre objectif professionnel et personnel car nous n’avons qu’une seule vie et nous sommes la même personne.
  • Évaluer votre potentiel de réussite le plus finement possible.
  • Avoir conscience de vos limites : non, nous ne sommes pas tous et toutes égaux dans tous les domaines. Il y a des reconversions-évolu- tions plus naturelles et faciles que d’autres.
  • Constituer votre équipe de soutien – que je différencie de la famille car son rôle est différent. La famille est un soutien affectif important là où votre équipe de soutien est davantage un partenaire professionnel, des personnes qui ont à cœur de vous aider, de vous accompagner avec honnêteté et bienveillance. Cela peut être votre coach, votre thérapeute, votre prof de yoga…
  • Développer votre nouveau réseau pour faire aboutir son projet.

Détermination pour…

  • Choisir en ayant une vision claire de tout ce à quoi vous êtes prêt à renoncer : confort social, matériel…
  • Visualiser le chemin à parcourir pour atteindre le but fixé.
  • Vous fabriquer un mental en béton et une bonne condition phy-sique pour tenir le rythme et la durée. Visualisez le changement de vie comme une compétition sportive et planifiez votre préparation étape par étape comme si demain vous décidiez de courir un marathon.
  • Définir le plan d’action et vous y tenir. Certains jours seront plus difficiles que d’autres, c’est normal et pas grave. Tenez bon sur votre timing.
  • Vous faire confiance, ne pas douter de vous. Dites-vous que vous n’êtes pas seul dans cette galère, que de nombreuses personnes avant vous ont été ou sont confrontées aux mêmes questions, enjeux, problèmes. Ce n’est pas vous le problème.
  • Aller à la rencontre de toutes les nouvelles personnes dont vous avez besoin pour votre projet. Osez ouvrir les portes, demander de l’aide. Ce n’est pas faire acte de fragilité que de demander de l’aide.

L’importance de l’écosystème relationnel

Changer de vie, d’orientation professionnelle, est un cap qui peut nous faire nous sentir plus vulnérables, plus fragiles, avec un réflexe de pro- tection dans sa coquille. Ça, ce n’est pas une bonne idée. Rester seul face à toutes ses interrogations augmente la peur de l’inconnu et du chan- gement. Qui dit changement dit besoin d’appuis multiples pour bien rebondir. Trouver les bonnes personnes, celles qui sauront vous fournir l’aide dont vous avez besoin, c’est la stratégie réseau.

Comment ça marche ?

Nous avons chacun notre réseau professionnel construit au fil des années. Quand on change de direction, de secteur, d’univers, de pays, on peut avoir besoin de l’élargir, de l’étoffer, d’en construire un nouveau. Est-ce simple ? Non, pour en avoir fait l’expérience, cela demande de la patience, de la ténacité et de la constance.

Rien n’est impossible, mais ça prend du temps.

Procéder par étape.

  1. La première étape consiste à cibler qui, dans votre réseau, peut vous apporter des opportunités pour obtenir des informations sur un secteur, pour comprendre le fonctionnement de tel autre. Activer son réseau, cela ne veut pas dire demander de façon directe un job à quelqu’un. C’est demander des conseils, chercher les informations qui vous permettront de mieux connaître le secteur où vous souhaitez rebondir, en comprendre les lignes de force de façon à trouver votre clé d’entrée, celle qui vous différenciera sur ce marché-là.
  2. Une fois les personnes identifiées, comprenez quels sont les meil- leurs canaux par lesquels contacter ces personnes clés (mails, réseaux sociaux…).
  3. Apprenez à aborder de façon synthétique et claire votre projet de reconversion professionnelle, à vous présenter et à valoriser votre carrière passée. Votre interlocuteur a en général une heure à vous consacrer. Essayez de parler uniquement 10 minutes de façon à tirer le meilleur parti de votre rendez-vous.
  4. Pour ce faire, travaillez votre « pitch » de présentation. Idéalement, vous devez avoir deux formats de pitch : un de 3 minutes maxi- mum que vous utilisez en introduction de vos rendez-vous réseaux et le super synthétique « elevator pitch », celui qui dure 30 secondes, le temps pour l’ascenseur d’arriver à bon port. Un pitch consiste à présenter de façon synthétique votre projet en mettant en avant ses points d’aspérités essentiels et vos compétences pour y arriver.

Pour avoir fait ces exercices durant la construction de mon projet de reconversion professionnelle, je vous assure que ces outils s’avèrent très utiles quand vous êtes en rendez-vous. Est-ce que c’est facile à faire ? Non, mais il existe des méthodes pour le faire. Et surtout des coachs spécialisés en reconversion professionnelle dont c’est le métier.

Construire sa dream team

C’est une étape très importante. Seul, on peut aller vite. À plusieurs, on va plus loin. Pour mener à bien un projet quel qu’il soit, savoir s’entourer est fondamental. Pour ce faire, l’étape de la définition de ses forces et faiblesses est clé. C’est là que vous pourrez identifier les compétences qui sont les vôtres, celles dont vous avez besoin pour votre projet. Et, par soustraction, celles qui vous manquent et que vous devez trouver pour fabriquer votre dream team. Elle qui ne se résume pas à votre famille et vos amis.

Cette équipe de soutien vous permet d’être plus efficace, elle est là quand vos doutes vous submergent et quand votre créativité déborde, au risque de partir dans tous les sens et de vous déconcentrer de votre objectif central.

Savoir demander de l’aide est une qualité, une preuve de force et non de faiblesse comme de nombreuses personnes le pensent. Nous ne sommes pas omniscients et personne ne nous le demande. S’entourer des personnes qui seront là pour vous aider à trouver votre nouveau chemin et à lui donner corps est fondamental.

Pour ma propre reconversion, j’ai construit une équipe de soutien constituée de :

  • un coach en reconversion professionnelle qui m’a aidée à clarifier mon « pourquoi », à définir précisément le chemin sur lequel je souhaitais aller, à comprendre et intégrer la stratégie réseau – même si cette partie-là ne me passionnait pas trop. Je me suis accrochée car je savais que c’était utile. Avec lui, j’ai bâti ces fameux pitchs de présentation, dont je me suis pas mal servie au fil de mes rendez-vous ;
  • une informaticienne, as des as, qui m’a aidée à optimiser mon blog et ma ligne éditoriale.
  • une thérapeuthe pour continuer le travail sur moi, qui m’aide tous les jours à gérer mes émotions, mes peurs, mes ombres.
  • mon coach de sport, avec lequel j’ai intensifié mes séances pour évacuer le stress, les doutes, les colères et frustrations diverses qui ont émaillé mon chemin.

Un coach professionnel et un bilan de compétences : pour quoi faire ?

Un coach professionnel, ce n’est pas un psy ni un copain, c’est une personne formée aux techniques d’aide aux diagnostics et accompagnement des reconversions professionnelles. Les coachs professionnels ont quantité d’outils pour travailler avec nous et nous aider à clarifier le fouillis de notre mental et notre créativité débordante. C’est avec eux que vous pouvez réaliser un bilan de compétences. Comme son nom ne l’indique pas, le propos de cet exercice n’est pas de lister ce que vous savez faire. Ce n’est pas un contrôle de connaissances. Bien souvent, son appellation induit en erreur et j’ai rencontré de nombreuses personnes qui refusent de le faire, ne souhaitant pas être contrôlées. Ce n’est pas l’objet de cet outil. Son objet est de vous aider à faire le point sur votre carrière pour imaginer la suite, que cela soit en termes de forma- tions complémentaires ou de reconversion professionnelle.

La réalisation d’un bilan de compétences est un outil précieux pour mieux cerner votre profil professionnel, anticiper votre avenir ou préparer un nouveau projet de carrière. Le bilan de compétences vous aidera à mieux vous épanouir au travail, en tenant compte de votre personnalité, de vos aptitudes, de vos compétences, et des débouchés existants.

Les intérêts de cette démarche sont nombreux. En réalisant un bilan de compétences, vous pourrez :

  • prendre du recul sur votre situation professionnelle, la déblo- quer, la relancer, ou tout simplement la conforter ;
  • réfléchir à vos envies et à votre avenir ;
  • développer votre confiance en vous par une meilleure connaissance et acceptation de vos forces et de vos faiblesses ;
  • vous découvrir de nouveaux intérêts, motivations ou perspectives professionnelles ;
  • prendre en main votre carrière et anticiper son évolution sans la subir ni vous laisser surprendre par le cours des événements ; • vous épanouir au travail et réussir avec un projet professionnel concret et un plan d’action précis.

Comment en bénéficier ?

C’est une démarche payante qui peut être prise en charge par le compte formation du salarié ou par l’employeur. Il dure une vingtaine d’heures à raison de séances de 2 à 3 heures et peut être effectué pendant ses heures de travail avec l’accord de son employeur. Au global, un bilan de compétences prend 2 à 3 mois. C’est un bon point de départ à la réflexion professionnelle.

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