Ménopause

Finissons-en avec le tabou de la ménopause !

4 octobre 2019

Un jour j’ai eu 50 ans et ça ne m’a pas fait super plaisir. Mais pas du tout. Différemment de mes autres anniversaires. Je ne suis jamais vraiment enchantée de prendre une année de plus et en même temps ça ne m’occupe pas plus que ça l’esprit. J’organise une fête et je n’y pense plus.

50 ans c’était différent.

Ça me semblait plus difficile à passer comme cap. J’y pensais souvent sans grand plaisir. Je crois que pendant un moment ce qui m’a occupé l’esprit, c’est un truc du genre « et maintenant je vais passer du côté des vieilles ». Et là, malaise profond. Je ne me sentais pas du tout dans cet état d’esprit là.

Je me suis alors demandée pourquoi cet âge me semblait plus difficile qu’un autre ? pourquoi il pesait plus lourd sur mes épaules ?

En fait, je ressentais vraiment la stigmatisation autour de cet âge. Une sorte de début de la fin, de perte, de lente descente vers l’invisibilité. C’est l’image associée aux femmes de 50 ans qui me rattrapais. Et en vrai, le vocabulaire utilisé pour parler des femmes de 50 ans n’est pas des plus flatteurs. Les femmes de 50 ans ne sont pas spécialement représentées dans les médias, dans les magazines, au cinéma, … Un peu comme si à partir de 50 ans, on disparaissait, on s’effaçait de l’inconscient collectif et du conscient aussi.

Au fur et à mesure que je m’intéressais à cette question, je me suis aussi rendu compte que je n’étais pas la seule à ressentir ça. Que beaucoup de femmes arrivées à cet âge, ou proche de l’être, ressentait comme une mise à l’écart de la féminité, de la désirabilité et cette exclusion se télescopait bien souvent avec une mise à l’écart de la sphère professionnelle aussi. C’était en fait un moment de multiples fragilités dont nous n’osions pas vraiment parler même entre nous. Et la cause était simple, le tabou de la ménopause.

Ménopause.

Ce mot fait peur car il dit à lui tout seul une inégalité claire et criante de traitement du vieillissement des femmes et des hommes. C’est un archétype qui véhicule une image dégradée de la femme qui tout à coup sort du champ de la féminité et de la désirabilité. Et c’est la raison pour laquelle, la ménopause reste un des derniers tabous à faire tomber. Un tabou qui crée une inégalité de traitement du vieillissement entre les femmes et les hommes. Est-ce que vous entendez souvent parler de l’andropause, la ménopause au masculin ? Non, jamais en fait. Et pour cause.

La ménopause est présentée par le corps médical comme un prélude d’une vieillesse disqualifiant pour nous. Tout à coup arrivent une série de risques, de symptômes, de déficiences et de pertes. Pas seulement une transformation du corps mais une régression des attributs de notre féminité et de notre désirabilité.

Alors qu’à l’adolescence, on explique aux jeunes femmes à l’arrivée de leurs règles qu’elles deviennent femme. Au moment de leur arrêt, c’est comme si on disait aux femmes « vous n’êtes plus femme, vous cessez de l’être ».

Nous ne sommes pas nos hormones.

La pensée hormonale qui domine le corps médical me dérange profondément car elle part d’un postulat réducteur selon lequel la norme de la féminité et de la désirabilité des femmes est le corps fécond. Autrement dit, est posée une équation effrayante disant que l’identité féminine est liée à la fonction reproductive des femmes. La fécondité du corps serait alors l’étalon de mesure, l’attribut de la féminité. A partir du moment où le corps cesse d’être fécond, il est dégradé, à risque. Il n’est pas pensé comme un corps post reproductif mais comme « un corps moins ».

Ce que la sociologue Cécile Charlat a remarquablement démontré dans sa thèse La fabrique sociale de la ménopause.

Et c’est là que réside la bonne nouvelle. Cette vision biologique et hormonal du corps des femmes qui porte en elle une inégalité profonde face au vieillissement, n’est qu’une construction et en rien une réalité. La ménopause, certes, demande à notre organisme des adaptations. Et chacune d’entre nous va  réagir à sa façon. Mais dire que la ménopause dégrade le corps des femmes est abusif. Et par ailleurs, pourquoi la capacité reproductive du corps serait-elle le signe de sa désirabilité ?

Il ne vous aura pas échappé non plus que c’est majoritairement nous qui sommes stigmatisées sur notre âge. Est-ce qu’on parle aux hommes de 50 ans de l’andropause ? Rarement. Et pourtant eux aussi vont faire face à des modifications hormonales, une chute de la testeront pour être précise. Mais là curieusement c’est silence radio !

Et surtout, la ménopause ne doit pas nous faire oublier que vieillir est génial car ça veut dire que nous sommes vivantes. Alors, cessons d’associer de façon aussi mécanique âge et vieillesse. A 50 ans , on peut choisir d’être parfaitement visibles, bien dans sa peau et dans son âge.

50 ans, ce n’est pas le début de la fin.

C’est même tout au contraire le commencement d’une nouvelle période placée sous le signe de la liberté et de l’accomplissement sans tomber dans l’archétype du jeunisme à tout prix, qui est tout aussi peu épanouissement.

Bien profiter de sa vie à 50 ans, c’est super possible. Rien n’est une fatalité. Ni perdre son boulot. Ni grossir, ni devenir invisible, ni perdre sa désirabilité. A 50 ans, on peut changer de vie. Tout recommencer ou tout commencer. Certes, ça demande des ajustements, de l’anticipation, et surtout la volonté de se faire du bien et de se faire confiance.

Alors, luttons contre les archétypes dégradants associés à la ménopause et prenons en main nos 50 ans avec passion et énergie.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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9 Commentaires

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    Répondre Caro Nathalie 4 octobre 2019 at 13:12

    La ménopause, quel bien vilain mot dans la bouche ou l’esprit de certains… Une idée également très réductrice de cette période de la vie des femmes,par manque de savoir… Pour d’autres, comme pour moi, c’est une étape de notre vie que l’on peut aborder d’une manière extrêmement sereine… J’ai peut être eu cette chance de n’avoir eu que quelques petits désagréments très vite assagis.(bouffées de chaleur, sautes d’humeurs) Je pense qu’il ne faut se focaliser et continuer à vivre pleinement. Je ne me suis jamais autant sentie femme désirable, desiree, pleine de sérénité, de projets, d’envies qu’à 55 ans(ménopausée depuis 5 ans) Merci Natacha pour votre excellent travail, j’ai enfin trouvé un blog, beauté et santé qui est une véritable mine d’or de conseils… Nath

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 4 octobre 2019 at 17:14

      Merci merci de votre témoignage et de vos paroles plein d’enthousiasme. C’est comme ça que nous ferons bouger les choses et que nous viendrons au bout de tous ces archétypes plombants. Très beau week-end

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    Répondre Domi1108 4 octobre 2019 at 15:16

    Bonjour, je suis complètement d’accord !! La ménopause n’est pas la fin de vie femme mais juste une étape comme l’est la puberté mais à l’inverse 😊 Bel après-midi

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    Répondre Florence Balducci 5 octobre 2019 at 08:14

    50 ans vraiment c’est aux femmes de décider de son visage, de décider tout simplement que nous restons vivantes et encore plus femmes!Je dis tous les jours mon âge car je suis fière et je passe mon temps à dessiner les visages des femmes plus jeunes souvent, elles sont déjà inquiétées par leur futur! Il faut juste changer de discours! Quand je les rencontre et les dessine, j’attaque avec un discours positif et lorsque je leur affirme mon âge avec une grande fierté et énergie, elles hallucinent! Alors voilà il faut manger la vie, s’aimer un peu plus surtout à 50 ans et plus!!!

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 5 octobre 2019 at 08:23

      Merci Florence de ton témoignage et message. J’adore ton optimisme auquel j’adhère à 100%. Belle journée

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    Répondre Estelle 5 octobre 2019 at 09:47

    Je suis également fière d avoir 50 ans dans quelques jours ( pas encore ménopausée…) , a part les variations d humeur, les troubles du sommeil , j ai la chance d être relativement épargnée. Bien sûr on prend conscience de ce qu est la vie et du chemin parcouru, il faut en faire un atout : je suis beaucoup plus déterminée et sûre de moi qu il y a 20 ou 30 ans. Aujourd’hui on a les moyens (je ne parle pas d argent) et les connaissances – Merci Natacha 😉- de savoir ce qu il faut faire pour . L aspect psychologique est déterminant, évidemment dans ma tête je reste toujours curieuse, ouverte , etc… en dehors des produits, du sport et de la bonne hygiène de vie il faut savoir évoluer, le mental joue énormément ! Ménopausée ou pas , la 50aine est une belle étape lorsqu’on prends soin de soi et des autres . Il faut en être fière ! Belle journée et merci Natacha pour vos écrits si justes.

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 5 octobre 2019 at 11:40

      Merci Estelle de votre témoignage et de vos mots si justes. Très beau week-end

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    Répondre Dominique 5 octobre 2019 at 09:59

    Bonjour
    J’ai 55ans, je partage complètement vis avis
    Je me sens femme désirée et désirable …
    Dans le milieu professionnel, c’est souvent des jeunes femmes d’une trentaine d’années qui nous balance… Des pics …. On nous stigmatise … Avec la Ménopause …. Qui n’est pas une honte . Je suis ménopausée depuis 10ans …. Aujourd’hui , je l’avoue j’ai juste besoin de prendre plus de temps de repos … Depuis une bonne année… J’ai besoin de plus de temps pour récupérer … Je l’avoue … Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre et accepter cela …
    Je trouve vos articles supers intéressant !! 😊Bien a vous toutes 😊✨

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 5 octobre 2019 at 11:42

      Merci Dominique de votre témoignage. Oui parfois les femmes ne sont pas bienveillantes entre elles et pourtant nous avons toutes à gagner à nous soutenir plutôt que de juger. Vous avez raison nous devons prendre soin de nous. Peu importe si nous avons besoin de plus de temps pour récupérer. Merci de me lire. Très belle journée 🙏

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