Bien-être

Jeûner et faire la paix avec son corps.

30 novembre 2018

L’été dernier, je suis allée faire un jeûne à la Pensée Sauvage dans le Vercors. Et cette expérience a complètement changé mon rapport à la nourriture et à mon corps. Je me suis rendue compte qu’on peut rester sans manger plusieurs jours sans jamais avoir faim. Si si je vous assure je n’ai jamais souffert de la faim pendant toute la semaine.

Je me suis surprise à marcher 3 heures dans la montagne le ventre vide. Alors qu’auparavant, je m’étais auto persuadée qu’il m’était impossible de faire du sport à jeun.

Je pensais aussi que ne pas manger allait me rendre dingue et super nerveuse. Et bien au contraire, je me sentais assez sereine et calme.

Et surtout, quelques mois après, je mesure l’énergie incroyable que cette expérience m’a procurée. Combien, mettre ses intestins au repos pendant 6 jours, a un effet extraordinaire sur la capacité de récupération et de régénération du corps. Et cerise sur le gâteau, j’ai perdu 4 kilos que je n’ai pas repris.

Alors, j’ai essayé de comprendre ce que le jeûne avait changé chez moi.

Mon corps a rajeuni

Jeuner, se « nourrir » exclusivement d’eau, de tisanes ou de jus, rajeunit notre corps en accélérant l’élimination des déchets.

Mettre son système digestif au repos permet, en effet, d’enclencher un véritable processus de nettoyage et de régénération en profondeur du corps. Car jeûner déclenche l’autophagie des cellules. C’est un processus qui permet aux cellules de se réparer toutes seules et d’éliminer les substances ou particules indésirables qui ont pu pénétrer dans les cellules : virus, bactéries, toxines, protéines dégénérées, …

Résultat, on se sent plus léger et on l’est pour de vrai car on perd du poids. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on perd aussi de la graisse. Pas que de l’eau.

Je me nourris en conscience

Jeûner, c’est prendre conscience de rôle de la nourriture dans notre vie. Et très simplement se demander en fait pourquoi mange-t-on ? Pas toujours parce que nous avons faim. Souvent même, pour des raisons émotionnelles connexes.

Rester une semaine sans ingérer aucune nourriture solide et seulement de l’eau, des tisanes et parfois en cas de coup de pompe un jus, m’a fait ressentir ce que se nourrir signifie. Non pas obéir à des horaires ou à des rituels, « c’est l’heure de … » mais véritablement penser en conscience à la faim et à la nourriture dont on a envie.

Et je vous assure que quelques semaines plus tard, je note que je ne grignote plus du tout. Simplement, je mange quand j’ai faim. Et si je dois honorer une obligation professionnelle, déjeuner ou dîner, et que je n’ai pas faim ; je prends juste un potage de légumes pour accompagner les convives.

J’ai compris et enregistré ce que signifie la sensation de satiété. Avant mon jeûne, c’était un concept un peu flou, que j’avais interprété comme la sensation de ne plus avoir faim.

Oui mais pas que. C’est un peu plus subtil. Ma cure de repos digestif m’a permis de mieux identifier ce moment de satiété, qui est la clé n°1 du rééquilibrage alimentaire pertinent pour rester en forme.

Reconnaître la sensation de satiété.

C’est la clé pour réguler son appétit et garder sa ligne. Si la faim et la satiété sont en lien très étroit, elles sont différentes. La faim se manifeste quand l’organisme est en manque d’énergie. La satiété, quant à elle, se déclenche quand l’organisme a absorbé suffisamment de nourriture. C’est un état physiologique.

Mastiquer lentement les aliments.

C’est le prérequis de la satiété. Le masticage des aliments. Mastiquer très lentement les aliments facilite la digestion. Grâce à l’amylase présente dans la salive, mastiquer permet de prédigérer les amidons et d’attendrir les aliments. L’estomac est préservé et on évite de le fatiguer inutilement. La satiété arrive quand notre organisme, après avoir reçu les apports énergétiques dont il a besoin, envoie au cerveau le signal de la satiété.

Attendre d’avoir faim pour manger

C’est la raison pour laquelle si on mange sans avoir faim, juste par habitude ou pour respecter un horaire, on ne peut pas ressentir la satiété. La première étape pour ressentir la satiété est donc d’être à l’écoute de sa faim. Et idéalement, on ne commence pas à manger sans la ressentir.

Être à l’écoute de ses envies.

Les mécanismes de la faim sont assez perfectionnés. Le déficit énergétique provoque la faim.  Ils aiguillent nos envies vers les nutriments dont notre organisme a besoin. Si notre corps a besoin de protéines, on va avoir envie d’aliments riches en protéines comme de la viande. Si à la place de protéines, on mange plutôt un grand plat de crudités, la satiété a du mal à se manifester car les besoins de notre corps ne sont pas comblés.

J’écoute mon corps.

Je sais ça fait un peu « new age » de parler d’écouter son corps, ce que l’on ressent à l’intérieur et non pas ce que l’on pense qu’on ressent. Ça fait une grande différence.

Quand on prend l’habitude d’habiter son corps, de l’écouter vraiment sans jugement, d’entendre les messages même ceux qui ne nous font pas plaisir, on change notre façon d’être. Comme beaucoup de personnes, je suis plutôt déterminée et j’aime contrôler les choses. J’organise, je planifie. Sauf que parfois, c’est trop. Et mon corps alors me force à ralentir. Si je décide de ne pas écouter ses signaux, alors il parle plus fort. Jusqu’à ce que j’écoute. Récemment, je faisais beaucoup de sport, vraiment. Probablement trop. Comme je n’écoutais pas ses signaux d’alerte, mon corps a dû sur réagir pour se faire entendre. Résultat, tendinite de l’épaule, ongle arraché à un doigt. Tout ça 3 semaines avant une retraite de yoga. Là, j’ai dû arrêter complètement le sport pour me réparer. La seule question que je posais aux médecins étaient « est-ce que je serai sur pied pour la retraite de yoga ? ».

J’ai pu y aller heureusement et profiter du merveilleux enseignement de mon professeur de Yoga Kundalini, Anne Bianchi. Mais c’était moins une. Si j’avais été un tout petit plus attentive, je me serais éviter plein de problèmes ensuite.

Alors, maintenant, je suis beaucoup plus à l’écoute des messages que mon corps m’envoie. J’ai compris que la douleur dit quelque chose. Et que ce n’est pas normal d’avoir mal. Donc quand une posture de yoga est trop difficile à tenir, je sors de la posture et j’y reviens plus tard.

J’ai la pêche.

Nous sommes ce que nous digérons et non ce que nous mangeons. Car c’est en digérant les aliments que nous les transformons en micronutriments capable de passer et d’agir dans tout notre organisme. Plus notre intestin doit travailler pour digérer les aliments que nous ingérons, plus il brûle d’énergie. Il en restera alors moins pour l’organisme pour activer ses autres fonctions. La fatigue s’installe alors et notre métabolisme se dérègle.

Quand on jeûne, on se rend compte du travail des intestins en les mettant au repos. Au bout de 2 jours, on commence à percevoir la remontée de son niveau d’énergie. Preuve que quand les intestins ne sont pas saturés de nourriture avalée sans avoir été véritablement mâchée, il consomme beaucoup moins d’énergie.

Sans oublier que 80% de notre système immunitaire est localisé dans nos intestins.

Et plus particulièrement notre microbiote intestinal. Plus connu sous le nom de flore intestinal. Il représente l’ensemble des bactéries, virus et champignons qui colonisent le tube digestif. Leur nombre est impressionnant mais ces micro-organismes vivent harmonieusement pour aider à la digestion, favoriser l’immunité locale et intervenir dans les réactions métaboliques. Le microbiote est donc indispensable à la vie. Il est le garant de notre immunité et de la vitalité de notre organisme.

C’est notre fontaine de jouvence. Véritablement notre 2° cerveau.

Voilà, on apprend tout ça dans le jeûne. Je suis moi-même très étonnée de tous les enseignements que j’en ai retirés. Mon poids reste stable. Je ne me nourris plus du tout de la même façon. Je mange moins en quantité, moins souvent et quand j’ai envie d’un carré de chocolat ou d’une tranche de banana cake, je ne m’en prive pas. Et ma balance ne bouge plus. J’ai vraiment le sentiment d’avoir fait la paix avec mon poids et mon corps. Je ne me bagarre plus contre mes envies. Je me sens bien. Et je sais que l’année prochaine je renouvellerai cette expérience du jeûne.

 

 

 

 

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