Et si la flexibilité nous permettait de vieillir mieux !

Un des stéréotypes les plus ancrés dans notre inconscient collectif est que plus nous avançons en âge, plus nous devenons rigide. Moins nous sommes capables d’adaptation, de souplesse, de flexibilité. Fondamentalement je pense que c’est faux. Que c’est un des stéréotypes véhiculés par l’âgisme qui donne une mauvaise image de seniors.
Vieillir est une aventure universelle. Mais le déroulement de cette aventure dépend en grande partie de nos choix et habitudes. Parmi les clés d’un vieillissement réussi, la flexibilité occupe une place centrale, tant sur le plan physique que mental. Alors quel est vraiment le lien entre flexibilité et vieillir mieux ?
La flexibilité autorise la projection
Elle permet d’échapper à l’effet rétroviseur qui enferme dans le passé, dans ce que nous avons été, empêchant par là-même d’accueillir demain, de laisser la place à l’inattendu, à de nouvelles opportunités. Pour que l’âge soit une ouverture de possibles, il faut que nous programmions notre mental en ce sens. Et donc que nous décidions de lâcher les pensées limitantes qui associent l’âge aux restrictions, au moins, à la diminution, à la détérioration.
Si vous passez vos journées à craindre tout ce que vous ne pourrez éventuellement plus faire dans qu’embues années, vous programmez votre mental en ce sens. Et vous vous rigidifiez petit à petit.
Pourquoi associer âge et rigidité ?
C’est comme un réflexe pour certaines personnes tellement nous nous auto limitons. Nous avons la capacité de programmer notre mental en positif comme en négatif.
Qui a décrété un jour que plus nous avançons en âge, plus nous perdons notre souplesse tant physique que mentale ? Que nous devenons réfractaire aux changements. Que notre curiosité s’amoindrissait. Sérieusement ! Je crois que cette image d’Épinal fait partie des représentations historiques de l’âge. Celle où on associe âge et perte. C’es cette image là qui est obsolète car on ne vieillit plus aujourd’hui comme hier. On n’est pas obligé de subir l’âge comme un fardeau. On peut en faire une aventure épanouissante, enrichissante à partir du moment où on prend en main son âge, où on comprend que l’âge est un travail.
Qu’est-ce que la flexibilité mentale ?
La flexibilité mentale, ou cognitive, désigne la capacité d’adapter ses pensées et ses comportements face à de nouvelles informations, à des situations inédites ou à des changements dans l’environnement. Elle fait partie des fonctions exécutives du cerveau, situées principalement dans le lobe préfrontal, et nous permet de :
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Changer facilement d’une activité à une autre
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Voir une même situation sous différents angles
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Trouver plusieurs solutions à un problème
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Tolérer les erreurs et les changements de programme
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Mieux comprendre le point de vue des autres, favorisant l’empathie et la communication
Elle ne s’amoindrit pas avec l’âge à partir du moment où on comprend que le cerveau fonctionne comme un muscle. Il s’atrophie quand on ne s’en sert pas. Il a besoin d’être stimulé en permanence pour rester alerte et capable de créer des nouveaux circuits neuronaux.
Conserver sa flexibilité, c’est prendre soin de son cerveau
Plus on le mobilise ; plus les synapses et les neurones se multiplient. La paresse est l’ennemi de la bonne santé de notre cerveau tout comme la sédentarité met notre santé globale en danger. Plus on stimule son cerveau, plus on réduit les risques de déclin cognitif lié à l’âge.
« Le cerveau ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Toutes les activités qui le mobilisent stimulent la circulation, la captation de glucose, la sécrétion de neurotransmetteurs, la formation de nouvelles synapses dans de nombreuses aires cérébrales et la création de nouveaux neurones dans l’hippocampe. Rester intellectuellement et culturellement actif contribue avec les autres facteurs nutritionnels, environnementaux, d’activité physique et de sommeil, à protéger efficacement notre cerveau des possibles dégradations liées à l’âge, l’inflammation, au stress, à la pollution, … »
Docteur Jean-Paul Curtay, Vous n’aurez pas Alzheimer.
Les règles d’or pour un cerveau heureux, un mental en pleine forme.
Fuir le pilotage automatique, casser les routines.
Rien de pire que le pilotage automatique pour endormir le cerveau et perdre en acuité cérébrale. La routine est créatrice d’ennui et d’assoupissement. La curiosité, l’apprentissage de nouvelles activités quelles qu’elles soient sont positifs et nous permettent de créer de nouvelles routes neuronales. Oui vous avez bien lu. Nous pouvons continuer de fabriquer des neurones à tous les âges. C’est la pratique de nouvelles activités qui le permet. Commencer à pratiquer une langue étrangère, un nouveau sport, prendre des cours de chant de théâtre, voyager, … peu importe l’activité, c’est la nouveauté qui stimule notre cerveau.
Questionner sa zone de confort.
Nous avons toutes et tous une zone de confort, un endroit où nos habitudes nous confortent et nous réconfortent, un endroit où nous nous sentons en confiance. Parfois, au fil des années, cette zone de confort se révèle source d’insatisfaction, quand les automatismes prennent le pas et nous donnent le sentiment d’être sur une autoroute dont on cherche du coin de l’œil la sortie. Si c’est le cas, prenez un moment pour vous interroger sur votre vie là maintenant. Êtes-vous joyeuse quand vous vous levez le matin ? Aimez-vous votre maison ? votre conjoint ? votre job ? Diriez-vous que vous aimez votre vie ou au contraire rêvez-vous d’en changer ? Avez-vous le sentiment d’être à votre juste place, celle dont vous avez envie, celle qui vous attire, là maintenant ?
Toutes ces interrogations sont super légitimes
C’est le moment de les laisser venir à vous. Ne les remiser pas au fond d’un placard par peur de ce que vous allez découvrir. Autorisez-vous à débrancher le mode pilotage automatique et créer l’opportunité d’aller à la rencontre de vous-même. Choisissez de sortir de votre zone de confort si vous en ressentez le besoin, de la faire grandir si la base est bonne et que c’est juste une question de taille à adapter, de l’étendre, … Le plus important est d’être le plus lucide possible avec soi-même : qui je suis ? où est-ce que je souhaite aller ? qu’est-ce qui m’attire ? quels efforts je suis prête à fournir pour faire advenir ce nouveau moi ? quels renoncements je suis prête à accepter ?
Notre cerveau est toujours sous une forme de qui-vive à propos de tout ce qui pourrait nous faire sortir de notre zone de confort.
Nous craignons l’échec et l’inconfort qui en résulterait sur le plan émotionnel et physique.
Nous devons donc garder un ascendant sur notre cerveau pour ne pas le laisser guider nos vies sur un chemin qui ne nous conviendrait pas juste par peur d’échouer ou de sortir de notre zone de confort. Or nous sommes paramétrés pour un état émotionnel négatif chaque fois que se produit un évènement non conforme à nos attentes.
À nous d’accepter ce que nous ne pouvons pas changer.
De cesser de rêver d’une vie parfaite pour pouvoir voir ce qui est parfait dans celle qui est la nôtre aujourd’hui. A force de nous concentrer sur ce qui nous manque en comparant ce que nous avons à un idéal, nous créons de la frustration. Et ce d’autant plus si cette comparaison nous amène à regretter des évènements du passé. On peut modifier nos actes uniquement dans le présent de façon à ouvrir des portes, des opportunités, des situations différentes dans le futur. Quand vous acceptez le passé de manière inconditionnelle, vous faites disparaître le ressentiment, les regrets, la colère, la culpabilité, et les émotions négatives générées par la résistance à ce qui est.
A partir de là, tout s’ouvre car vous vous libérez des émotions négatives qui vous ont inhibé jusque-là. C’est vous qui décidez ce que vous pouvez faire et ce que vous ne pouvez/voulez pas/plus faire. Et non votre passé, vos parents, la société, … C’est notre résistance à une situation qui crée de la souffrance. Quand on s’acharne à vouloir changer quelque chose dont on n’a pas la maîtrise, on génère de la souffrance. Et on l’entretient cette souffrance.
Entretenir sa flexibilité.
Une bonne option est de s’entraîner au quotidien comme le font les sportifs pour garder un corps et un mental au top. C’est un chemin qui demande de la pratique et un peu d’efforts mais le résultat est tellement gratifiant et enthousiasmant. Quand nos pensées sont négatives, quand elles nous conduisent à nous juger sans cesse ou à nous rappeler tous nos pseudos manquements, quand elles alimentent nos pensées limitantes et nos fausses croyances du type « je n’y arriverai jamais », «je dois être parfaite dans tout ce que j’entreprends », elles créent autour de nous un champ d’énergies négatives qui s’autoalimentent. Nous sommes à l’image de notre pensée.
Entrainez-vous tous les jours à muscler votre mental comme un athlète de haut niveau le fait pour rester au top de son potentiel. Investissez du temps et des efforts sur vous. Autorisez-vous le succès, la sortie de route, les chemins de traverse pour aller à la rencontre d’une autre facette de vous, pas plus ou moins intéressante, différente, nouvelle.
La flexibilité, qu’elle soit physique ou mentale, est un formidable atout pour vieillir bien, mieux. Elle permet de rester autonome, actif et heureux, tout en réduisant le risque de maladies et de dépendance. Cultiver sa flexibilité, c’est investir dans sa longévité et dans la qualité de ses années à venir. Alors, pourquoi ne pas commencer dès aujourd’hui à intégrer la flexibilité dans votre vie quotidienne ? Votre corps et votre esprit vous remercieront !