L'interview de Caroline

Endométriose et alimentation par Caroline Wietzel

22 mars 2019

Non, l’endométriose ne cesse pas à la pré-ménopause ou même à la ménopause. Les lésions encore présentes dans notre corps prolongent le calvaire. Sauf si, à côté des traitements pas toujours au top de l’efficacité, on modifie son alimentation. C’est ce que j’ai fait. Cela n’a rien de révolutionnaire, mais le confort que j’y ai gagné est précieux. Alors autant partager cette expérience avec vous en espérant qu’elle vous fasse autant de bien qu’elle m’en a fait.

Retour sur expérience

Ce post n’a pas été le plus facile à écrire. Il m’a demandé de revenir sur une maladie dont je souffre depuis 19 ans. Ces petits matins ou, clouée par la douleur, je ne savais même pas si j’allais pouvoir traverser la rue. Les diners dont je me suis échappée, rattrapée par des hémorragies intempestives. Ces vacances immobiles ou je restais allongée parce que le corps ne tenait plus.

Je crois que j’ai essayé à peu près tous les traitements possibles et imaginables pour essayer de contrôler la maladieet faire taire la douleur. De l’homéopathie à l’application de cristaux en passant par l’affreuse castration chimique.

Je crois que j’ai tout lu aussi. Articles, témoignages, revues scientifiques.

Je n’ai pas trouvé grande écoute. Je n’ai surtout pas eu de réponses à toutes mes questions.

J’étais seule. En 2000 l’endométriose n’intéressait personne. C’était des douleurs de règles un peu plus intenses que la normale. Voilà tout.

Réduire l’inflammation… en mangeant autrement

Alors j’ai tout arrêté et je me suis penchée sur mon assiette. Puisque l’endométriose est une maladie inflammatoire et que nous sommes ce que nous mangeons, je me suis dit qu’en absorbant des aliments anti-inflammatoires je pouvais influer sur ma maladie.

Et ça marche !

A moins de craquer pour une demi-baguette avec du beurre demi-sel ou de réduire à néant et une seule fois une tablette de chocolat, je n’ai plus mal au ventre.

Mes nuits sont paisibles parce que je digère mieux.

J’ai regagné en vitalité puisque je suis capable de mener de front mon travail de journaliste et mon addiction au yoga kundalini (j’y vais quatre fois par semaine). Et si j’ai un coup de barre c’est vraiment parce que je n’ai pas pris le temps de me reposer.

 Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire chronique qui se caractérise souvent par des douleurs très intenses et parfois même invalidantes lors, mais aussi en dehors, des périodes menstruelles.

Elle est liée à la présence anormale de tissu semblable à de la muqueuse utérine en dehors de l’utérus. Cette invasion provoque des lésions, des adhérences et des kystes dans les organes colonisés.

Jeunes et moins jeunes, beaucoup d’entre nous sont concernées

Elle concerne les femmes en âge de procréer et un certain nombre de femmes en pré-ménopause ou en ménopause dont je fais partie.

On évalue de 10 à 20% les femmes atteintes et diagnostiquées. Mais comme il faut de 5 à 7 ans pour poser le diagnostic (souvent par hasard), le nombre devrait être plus important.

Où s’installe-t-elle ?

Les premières lésions concernent l’appareil reproductif : utérus et ovaires. Avec une conséquence majeure : l’infertilité pour 40% des femmes atteintes.

Mais de l’endométriose on en trouve aussi sur les organes proches comme la vessie, le rectum, ou plus éloignés comme l’intestin, les reins, les poumons. J’ai même lu sur des sites américains, ils sont un peu plus informés que nous, qu’elle pouvait s’incruster jusque dans nos doigts. Oui vous avez bien lu.

En ce qui me concerne, l’un des muscles de ma jambe droite est pris si bien que lorsque j’ai une poussé inflammatoire, je perds en souplesse.

Pour faire simple et imagé, c’est une maladie qui, au fil des ans et de son évolution, migre et tisse sa toile un peu partout dans notre corps.

Les symptômes de l’endométriose

Le premier, c’est la douleur.

Ou plutôt devrais-je dire, les douleurs car il en existe autant que de femmes atteintes.

Elles peuvent être pelviennes ou plus largement localisées dans le bas-ventre.

Lorsqu’elles s’installent dans le dos, elles étranglent les reins telle une ceinture brûlante. Courent le long des jambes pour finir leur course insoutenable jusque sous les pieds et on parle alors de sciatique ou cruralgie.

Ou compriment la vessie de telle façon que nous avons des difficultés à uriner ou, à l’inverse, une envie trop fréquente d’aller aux toilettes.

Lorsque l’endométriose envahit le système digestif les douleurs ressenties accompagnent souvent des diarrhées et des constipations.

Enfin, les douleurs peuvent survenir pendant et après les rapports sexuels. C’est ce qu’on appelle la dyspareunie.

Vous voyez l’éventail est large. Suffisamment pour perdre le médecin quand celui-ci ne connait pas le sujet.

Le second, et tout aussi invalidant, ce sont les saignements.

Abondants forcément et plus proches d’hémorragies qu’autre chose pendant la période des règles mais aussi en dehors du cycle. On appelle ça alors « métrorragie ». Lorsque ces saignements viennent du rectum ils peuvent signaler que l’endométriose s’est installée sur le système digestif.

La douleur survient…

Finalement un peu n’importe quand, même si dans la majorité des cas elle accompagne la venue du cycle ou la période d’ovulation. En ce qui me concerne, une trop grande fatigue, un coup de stress, un repas trop riche suffisait, il y a peu encore, à déclencher une souffrance qui pouvait me clouer au lit des heures voire des jours.

Et la fatigue induite par la maladie s’installe durablement, avec en prime, l’incompréhension de l’entourage qu’il s’agisse du milieu professionnel ou familial.

Des causes encore mal connues

La faute aux gênes ou a pas de chance, à un taux de fer sanguin trop important… les suggestions Les chercheurs estiment aujourd’hui que l’endométriose serait imputable pour moitié à des facteurs génétiques et pour moitié à des facteurs environnementaux. Avec en ligne de mire, pour les seconds, les fameux perturbateurs endocriniens et quelques composants alimentaires.

Les traitements…

Aucun ne vient à bout de cette maladie dont on ne guérit pas. De la prise d’hormones en continu destinées à supprimer les règles (cela n’a jamais marché chez moi) à l’intervention chirurgicale en passant par la castration chimique, ils sont proposés en fonction de la localisation de l’endométriose, sa gravité et les douleurs qu’elle engendre.

L’alimentation comme levier

 Le lien entre l’endométriose et l’alimentation, c’est l’inflammation. Et notamment l’inflammation de l’intestin.

Un intestin enflammé c’est une flore déséquilibrée, abimée. Sans ces deux kilos de micro-organismes que contient notre microbiote, pas de digestion heureuse possible ni de réponse immunitaire adéquate.

Pour les femmes atteintes d’endométriose cela signifie troubles digestifs (diarrhée ou constipation), ballonnements, prises de poids, fatigue, insomnies….

Alors vite, on choisit les aliments qui vont nourrir et multiplier cet ensemble de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes pour limiter, réduire et soulager ces symptômes qui accompagnent la maladie au quotidien.

Le régime endo-friendly est… anti-inflammatoire

Il préfère les protéines végétales aux protéines animales

À l’exception des petits poissons gras (anchois, sardines, maquereaux…). J’ai supprimé la viande de mon alimentation depuis 2 ans et je compense l’éventuel manque de fer par un mix de légumineuses (trempées toute une nuit) et céréales.

Il privilégie le bon gras 

Huile de colza, de lin, de cameline…, les oléagineux (amandes, noix, noisettes…).

Il met l’accent sur les fruits et les légumes colorés

Framboises, myrtilles, céleri branche, carottes, betteraves… Les fibres diminuent le taux d’œstrogènes circulants.

Il favorise l’utilisation des épices

Et notamment le curcuma qui ralentit la prolifération des cellules endométriales. Et des herbes aromatiques qui préparent à la digestion.

Il restreint le soja

Sous forme de lait végétal, de dessert ou de tofu à une portion ou une fois par jour.

Il limite le sucre au fructose des fruits

Et ce afin de ne pas sécréter trop d’insuline pro-inflammatoire. Consommer les fruits toujours au moins une heure avant le repas pour éviter leur fermentation dans l’intestin.

Il évite les produits laitiers… de vache complètement.

Brebis et chèvre sont mieux tolérés lorsqu’ils sont frais.

Il supprime le gluten

Car le gluten est souvent responsable de ballonnements, et donc de fermentation, assez pénibles lorsqu’on est atteint d’endométriose. Attention au pain sans gluten industriel gavé d’additifs et avec un Indice Glycémique très élevé.

Il élimine le café et l’alcool

Car ces excitants peuvent modifier le taux d’œstrogène.

Faites un test d’hypersensibilité́ de type 3

Il permet d’identifier les aliments qui vont stimuler l’inflammation de votre système digestif et évite l’éviction ferme et définitive d’un aliment qui ne serait pas responsable.

Demandez aussi à ce que l’on fasse une recherche de présence de Candida albicans.

En cas de réponse positive, il faudra d’abord faire disparaitre cet intrus pour garantir ensuite le succès d’un changement alimentaire.

Il est aussi hypotoxique.

C’est-à-dire qu’il écarte tout ce qui est produits phytosanitaires (pesticides, fongicides, herbicides…), additifs et tout ce qui va « transporter » des perturbateurs endocriniens.

A gauche ce que vous devez bannir de votre cuisine et de votre quotidien. A droite, l’alternative beaucoup plus respectueuse de votre organisme et notre environnement.

  1. Les produits transformés ………… On remplace par des produits frais à cuisiner, du bio de préférence local.  Le bio importé ne répond pas au même cahier des charges que le bio français.
  2. Les bouteilles d’eau plastique …… La carafe d’eau avec un bâton de charbon ou des perles de céramique.
  3. Les poêles anti-adhésives (Téflon) …………… La poêle en inox
  4. Les boites de conservation plastique type Tupperware ……… Le bocal ou la boite en verre transparent ou en porcelaine.
  5. Les boîtes de conserves (à cause du film intérieur) ……………  La conserve en verre.
  6. Le film alimentaire étirable (type cellofrais)…………… Le papier sulfurisé brun, la feuille de cire.
  7. Les emballages carton recyclés (leurs encres à base d’huiles minérales toxiques  migrent sur le contenu) ………………………………………… Le vrac
  8. La cuisson a plus de 110° ……….. La cuisson douce (vitaliseur de Marion Kaplan)
  9. Le stress il fait fuir les enzymes qui aident notre organisme à potentialiser les nutriments …… Manger dans le calme.
  10. Les couchers tardifs …….. Le sommeil est la meilleure façon de chouchouter son microbiote

Ma recette anti-inflammatoire… veggie et végan.

Elle est parfaite pour cette période transitoire ou les températures encore fraiches nous invitent à nous régaler de plats nourrissants tandis que les journées plus longues appellent la légèreté d’assiettes colorées et presque crues.

SALADE DE SPAGHETTIS DE COURGETTES

Pour 4 personnes

  •  4 courgettes
  • 250 g de pois chiche en bocal de verre
  • 1 c à s d’huile de colza
  • 2 c à s d’huile d’olive
  • 1 citron jaune
  • 1 c à s de vinaigre balsamique blanc
  • 1/1 c à c de coriandre en poudre
  • 2 branches d’aneth
  • 10 brins de ciboulette
  • 2 c à c de graines de lin
  • Sel
  • Poivre

Egoutter et rincer les pois chiche.

Chauffer une poêle avec une c à c d’huile d’olive et y rôtir les pois chiches saupoudrés de coriandre pendant 5 à 10 mn.

Laver les courgettes et les sécher avec un papier absorbant. Emincer finement dans le sens de la longueur à l’aide d’une mandoline.

Placer les tranches sur une planche pour les découper finement en spaghettis. Réserver dans un saladier.

Prélever le jus du citron et en verser la moitié sur les courgettes. Mélanger et laisser assouplir pendant 20mn. Puis ajouter les pois chiche.

Préparer la vinaigrette en mélangeant le vinaigre, l’huile de colza et le reste d’huile d’olive et en arroser la salade.

Ajouter les pluches d’aneth, la ciboulette ciselée. Saler, poivrer et saupoudrer de graines de lin.

2 Commentaires

  • Répondre Christine 24 mars 2019 at 18:13

    Bonjour Natacha, je souffre le même calvaire depuis mes 17 ans j’en ai 52 …..je passe les détails..!!!!!!!! J’ai encore mes règles
    Je mange sans gluten ni trop de sucre je suis très très mince taille 34 depuis toujours je pense que cette maladie est juste un enfer ma vie professionnelle à été complètement raté
    Courage
    Christine

    • Natacha Dzikowski
      Répondre Natacha Dzikowski 24 mars 2019 at 20:19

      Bonjour Christine,
      Merci de votre témoignage sur cette maladie qui a longtemps été ignorée. Courage, courage. Bien à vous. Natacha

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