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Ménopause

Décomplexons la ménopause !

18 mai 2020

J’en ai un peu marre qu’on caricature cette décennie de la vie des femmes, d’entendre ces propos désobligeants et anxiogènes sur la ménopause et les femmes ménopausées. On a toutes entendues un jour ces paroles cruelles « elle, mais elle est ménopausée » ! Derrière ces mots jetés comme ça y compris par des femmes, c’est de la disqualification du corps féminin dont il est question. La ménopause n’est plus alors juste une adaptation physiologique dû à une modification hormonale. Elle devient un dysfonctionnement du corps, une régression sur laquelle il va falloir intervenir. Ce qui se cache derrière ce discours là, c’est tout simplement un présupposé qui dit que la norme de la bonne santé pour une femme est le corps fécond. C’est comme ça qu’il est performant et donc désirable.

Changer l’image associée à la femme ménopausée.

La femme ménopausée par opposition à l’adolescente ou à la jeune femme est associée à l’image de la femme vieille et invisible. C’est une image qui traine dans les mémoires collectives et que nous portons comme un fardeau sur nos épaules de générations en générations. Simone de Beauvoir parlait de la ménopause « comme de la petite mort », imaginez le poids de telles paroles. Elles laissent forcément des traces dans notre inconscient collectif.

Résultat, une peur panique des femmes à l’approche de la cinquantaine.

La peur de vieillir, d’être seule, plus désirable, invisible. Et la ménopause vécue comme un tabou dont on évite de parler même entre nous. Comme si elle allait nous faire passer dans une autre dimension, une autre sphère, celle des femmes qui ne sont plus désirables car plus fertiles. Ça vous paraît bizarre cette mise en perspective de la féminité au regard de la fécondité du corps. Et pourtant c’est une réalité bien enfouie dans notre mental.

Comment pourrait-il en être autrement quand on regarde les images associées à la ménopause. Elles parlent en permanence de pertes, de déficiences ou de risques.

La ménopause n’est ni une maladie ni une pathologie.

On ne le dira jamais assez, c’est un phénomène naturel, un mécanisme biologique dont l’étymologie signifie arrêt des règles. Elle désigne donc le moment où les ovaires arrêtent de produire les hormones de la reproduction : l’œstrogène et la progestérone. Elle commence le plus souvent aux alentours de 50 ans.

La ménopause est donc une modification hormonale qui va demander à notre organisme des adaptations. Ces adaptations vont se traduire par des signes cliniques et biologiques. Et chaque organisme réagira à sa façon.

La ménopause n’arrive pas d’un seul coup.

Elle est précédée d’une période assez longue, pouvant aller de 3 à ! ans, appelée péri-ménopause, qui correspond à un dérèglement du fonctionnement des ovaires. En clair, nos règles deviennent irrégulières. L’âge moyen de son démarrage est 45 ans et demi.

C’est une période où nous devenons plus vulnérables car notre corps change plus ou moins brusquement avec plus ou moins de signes et d’amplitudes. Et là encore, pas pour toutes de la même façon. Ce qui est clair c’est que le bazar commence à s’installer avec des variations hormonales plutôt imprévisibles. Là, nos ovaires peuvent nous faire passer d’une période de carences en œstrogènes à un dérèglement de la sécrétion de progestérone.

L’arrivée des bouffées de chaleur, les baisses d’énergie et l’humeur en dent de scie résultent du manque d’œstrogènes. Là où un dérèglement de la sécrétion de la progestérone et un excès relatif du coup d’œstrogènes vont entrainer des troubles du cycle, des règles très abondantes, des tensions voire douleurs au niveau des seins.

Certaine d’entre nous vivent ce moment sans ressentir beaucoup de changements là où d’autres vont souffrir de changements physiologiques et psychologiques fortement marqués.

Pour me faire mon opinion, ne pas céder à cette représentation si négative de ce moment de notre vie et aborder la ménopause l’esprit libre de tous archétypes, j’ai cherché à comprendre ce qui se passe dans notre corps.

La chute des hormones

Nous possédons toutes à la naissance un stock de cellules reproductrices dans nos ovaires. Une fois cette réserve épuisée, les ovaires cessent de fonctionner ce qui est la cause de la ménopause. Les hormones produites par les ovaires, notamment les œstrogènes et la progestérone, diminuent progressivement. C’est cette diminution qui induit les symptômes de la péri-ménopause.

Le rôle de nos hormones.

Les œstrogènes interviennent à divers endroits de notre corps. Impliqués dans la régulation de la chaleur corporelle, la lubrification du vagin et l’élasticité de la peau, ils jouent aussi un rôle important dans le maintien de la densité osseuse, en aidant à fixer le calcium. Ils agissent dans la répartition de la graisse sur le corps, favorisant sa fixation au niveau des hanches. Quand ces hormones diminuent, tous ces mécanismes sont déréglés.

Quelles sont les incidences de la péri-ménopause et de la ménopause ?

La modification de notre équilibre hormonal va produire un certain nombre de changements endocriniens, physiques et psychologiques pour certaines d’entre nous. Le corps médical leur a trouvé un joli « les  troubles climatériques ». Ces troubles ne sont pas graves en eux-mêmes et ils ne représentent pas de danger pour la santé.

Ce sont notamment les bouffées de chaleur, les troubles de l’humeur et/ou du sommeil, la sécheresse vaginale, la peau qui peut devenir plus fine et plus fragile, la modification de la répartition des graisses qui ont tendance à s’accumuler sur le ventre versus les fesses ou les cuisses.

Une période de vulnérabilité.

Ces changements de notre corps ne sont pas forcément agréables. Pour autant, ils ne sont pas les signes annonciateurs d’un vieillissement accéléré ni du passage dans la sphère des invisibles.

Comme à toutes les périodes de changements, nous devons nous adapter. Notre corps sait le faire. Il le fait à l’adolescence et lors des grossesses. Il a besoin d’être accompagné sereinement et avec bienveillance.

Prévention et surveillance sont importantes. La prévention est la clé de la bonne santé à tous les moments de notre vie. Et il est certain, que plus nous vieillissons plus nous devons y être attentifs, femmes et hommes. Je suis une défenseure de la médecine de prévention car aujourd’hui nous avons à notre disposition tous les outils pour suivre l’évolution de notre santé et adapter la bonne hygiène de vie pour la conserver le plus longtemps possible.

Tout ne se règle pas avec des médicaments mais plutôt grâce à l’adoption d’une hygiène de vie où on fait attention à son alimentation, à son activité physique et où on gère ses excès sans se laisser déborder par eux. Il n’y a pas de miracles. Juste une prise en charge de soi en ayant conscience que l’âge vit mal avec les excès, la sédentarité et le trop plein alimentaire.

En revanche, l’âge se fait oublier avec la restriction calorique, l’activité physique régulière, le soin de soi. Le mouvement et le mieux manger sont de formidables boucliers anti-âge.

Oui, nous avons un certain nombre de bilans médicaux à faire à partir du moment où nos cycles deviennent irréguliers. Bilan gynécologique, hormonal, cardiaque, rien de bien exceptionnel mais un suivi régulier de nos principaux paramètres.

Refuser les poids des archétypes de la ménopause.

Ils sont puissants et tenaces. Il ne tient qu’à nous d’aller à leur encontre, de les réfuter et de les refuser.

Et non, ce n’est pas parce qu’une femme cesse d’avoir ses règles que tout à coup elle est moins belle, moins désirable. Si on est honnête entre nous, qui vraiment va regretter de ne plus avoir ses règles. Et pourtant, je vois plein des femmes autour de moi, qui prennent des traitements hormonaux avec les risques sur leur santé qui vont avec, pour continuer à avoir leurs règles et ne pas être mises du côté des femmes ménopausées. Et toutes conversations autour de ce sujet leur sont douloureuses.

Arrêtons la caricature et développons une bienveillance féminine commune.

Soyons nos meilleures alliées et arrêtons de juger sur les apparences. Je suis comme vous, je le fais aussi. Et chaque fois que je me surprends à le faire, je ne le laisse pas passer. Je ne me culpabilise pas mais je sais que quand je fais ça c’est à moi en premier que je fais du mal. Je me pardonne et je m’entraîne à ne plus émettre ce type de jugement sur l’âge, le physique, les apparences.

Là où je suis contente c’est que je progresse et j’y arrive de mieux en mieux. Apprenons à nous soutenir plutôt qu’à nous juger et nous déstabiliser. Le monde est vaste et il y a de la place pour nous toutes. Inutile de surajouter à la compétition quasi permanente une pression supplémentaire. Toutes les femmes à tous les âges sont belles et peuvent être fières de leurs corps, l’aimer et en prendre soin.

Me. No. Pause.

J’adore cette parade trouvée par des anglo-saxonnes pour se libérer de ces archétypes pesants. Même si la langue anglaise permet ce type de jeux de mots, ça marche aussi en français. Je ne sais pas vous, mais moi, je me sens en pleine forme et je suis plutôt super contente d’être débarrassée de mes règles. Oui, la ménopause nous demande des ajustements en terme de comportement alimentaire, d’activité physique. Mais rien qui ne soit impossible. Et non, on n’est pas obligée de grossir ni de subir les bouffées de chaleur, la fatigue et les sautes d’humeur. A partir du moment où on sait ce qui nous arrive et comment y faire face avec des solutions naturelles, on a en main toutes les clés pour ne pas subir des transformations non désirées.

En vidéos !

Sur ma chaîne YouTube, j’ai posté des vidéos sur la ménopause dans lesquelles je partage avec vous toutes les connaissances que j’ai acquises sur comment juguler naturellement les bouffées de chaleur, sur le comportement alimentaire à adopter pour ne pas prendre de poids.

Et aussi mon LIVE en replay ici

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